Origine et histoire de l'enceinte
L’enceinte urbaine du Palais, édifiée principalement entre 1807 et 1870, est une fortification bastionnée de près d’un kilomètre, conçue pour protéger la citadelle de Belle-Île-en-Mer. Elle comprend quatre fronts bastionnés (18-19, 19-20, 20-21, 21-22), un fossé, une galerie crénelée, un chemin couvert avec réduits, et un glacis. Trois bastions (19, 20, 21) remplacent d’anciennes redoutes de 1761, tandis qu’un ouvrage à cornes (Beausoleil) ferme l’enceinte côté nord. Les portes (Bangor, Vauban, Locmaria) et poternes relient l’intérieur à l’extérieur, complétées par des magasins à poudre et des casernes casematées.
Le projet initial remonte à 1683, lorsque Vauban propose une enceinte pour sécuriser les hauteurs dominant la citadelle, une faiblesse révélée lors du siège de 1761. Sous le Consulat et l’Empire, les travaux débutent en 1803 avec des lunettes terrassées et des réduits (A, B, C), mais le camp retranché reste inachevé en 1815. À partir des années 1840, l’enceinte est finalement construite en maçonnerie, intégrant les ouvrages existants et ajoutant l’ouvrage de Beausoleil. Classée Monument Historique en 2004, elle illustre l’évolution des fortifications du XVIIe au XIXe siècle, malgré une obsolescence théorique face à l’artillerie moderne.
L’enceinte conserve des traces des adaptations militaires successives : plates-formes pour canons (138 mm, 120 mm, mortiers de 22 cm), magasins à poudre, et plantations de glacis héritées du XIXe siècle. Bien que conçue pour résister aux sièges, son utilité décline avec les progrès technologiques, mais elle reste armée jusqu’à la fin du XIXe siècle. Son classement reconnaît la rareté d’un ensemble fortifié combinant des éléments de Vauban, du Premier Empire, et des aménagements du Second Empire, témoignant de trois siècles d’histoire militaire.
Les projets se multiplient entre 1819 et 1860 avant l’adoption d’un tracé définitif en 1860, revêtant les lunettes en maçonnerie et les reliant par des courtines. La porte de Bangor (1811) et les réduits A, B, C sont conservés, tandis que la courtine 18, construite dès les années 1840, renforce la liaison avec la mer. Les tensions diplomatiques des années 1840 accélèrent les travaux, achevés entre 1861 et 1870. L’enceinte, bien que théoriquement dépassée par l’artillerie rayée, reste opérationnelle dans le contexte insulaire, où le déploiement de lourds canons de siège est complexe.
Vauban, dans son rapport de 1683, souligne la nécessité de contrôler les hauteurs sud et ouest pour empêcher un siège efficace de la citadelle. Le siège de 1761 confirme cette vulnérabilité, lorsque la prise des redoutes entraîne la chute de la place. Les six redoutes de 1761, partiellement renforcées pendant les guerres révolutionnaires, sont intégrées dans l’enceinte du XIXe siècle. Le génie militaire, sous la direction de Marescot en 1802, propose d’abord un camp retranché avec forts détachés, avant de revenir à l’idée d’une enceinte continue, plus proche des plans initiaux de Vauban.