Origine et histoire de l'enceinte fortifiée
L'enceinte fortifiée de Bergues est un ancien ensemble de remparts qui protégeait la ville. Une première enceinte annulaire, ceinte d'un fossé, a été édifiée à la limite des IXe et Xe siècles par le comte de Flandre Baudouin II. En 1021, le comte Baudouin IV fit élever un ouvrage fortifié sur la colline du Groenberg, à l'est de cette première enceinte, et y fonda dès 1022 l'abbaye Saint-Winoc. À la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe siècle, le comte Guy de Dampierre fit construire une seconde enceinte annulaire englobant la première. Sous les ducs de Bourgogne, au cours de la première moitié du XVe siècle, l'enceinte fut renforcée par des tours semi‑circulaires et prolongée pour inclure le périmètre de l'abbaye Saint‑Winoc. Après la prise de la ville par les Français en 1558, la section comprise entre la Neckerstor et la porte de Cassel fut bastionnée. Dans le deuxième tiers du XVIIe siècle, deux redoutes — le fort Lapin au nord et le fort Suisse au sud — furent établies. Après l'annexion de la ville par les Français en 1668, des travaux dirigés par l'ingénieur Vauban amenèrent l'arasement de la portion médiévale entourant l'abbaye et, entre 1674 et 1679, la construction d'un front bastionné, la couronne Saint‑Winoc. Entre 1719 et 1724 furent construites trois demi‑lunes en avant du front ouest, puis en 1744 on forma, en avant du front nord, un front bastionné baptisé la couronne d'Hondschoote. Au XIXe siècle, l'enceinte fit l'objet de nombreuses restaurations et modifications, notamment entre 1850 et 1854, période durant laquelle les demi‑lunes du front ouest furent réunies en un front bastionné, la couronne de Bierne. L'enceinte comprenait douze tours, parmi lesquelles la tour Neckertor, la tour des Couleuvriniers et la tour Guy de Dampierre, ainsi que quatre portes : la porte de Cassel, la porte de Bierne, la porte de Dunkerque et la porte d'Hondschoote ; l'ancienne porte d'Ypres est aujourd'hui aveugle. Plusieurs forts et redoutes sont associés au système défensif : outre les redoutes de Fort Lapin et de Fort Suisse (1676), le dossier mentionne également des projets non réalisés, tels que les forts de la Maison Blanche, de Quaëdypre, de Socx, de Pitgam et de Watten, ainsi que le Fort Benkies Mille (Fort Anglais) sur la basse Colme. Enfin, une motte castrale à Eringhem est signalée au XIIe siècle et attestée détruite en 1458.