Origine et histoire de l'enceinte fortifiée
L’enceinte fortifiée de Larressingle trouve ses origines au XIIIe siècle, lorsque les abbés de Condom, seigneurs des lieux, firent ériger cette forteresse pour protéger leur villa et l’église Saint-Sigismond. Le site, initialement une résidence abbatiale, fut transformé en castrum en 1279 sous Édouard Ier d’Angleterre, avant de revenir au domaine royal français en 1324. L’enceinte, dotée de sept tours carrées et d’un pont-levis (remplacé ultérieurement par un pont fixe), illustre les techniques défensives de l’époque, avec des arbalétrières en croix pattée et un chemin de ronde partiellement conservé.
Au XVIIe siècle, le château adjacent, délaissé par les évêques au profit de Cassaigne, fut progressivement abandonné. La charpente de la toiture fut même démontée à la fin du XVIIIe siècle par Mgr d’Anterroches, dernier évêque de Condom, pour être réutilisée ailleurs. Vendu comme bien national pendant la Révolution, le site tomba en ruine au XIXe siècle, avec seulement trois maisons habitées. Sa restauration au XXe siècle fut impulsée par le duc de Trévise, qui mobilisa des mécènes américains pour sauver ce joyau médiéval.
L’enceinte, classée Monument Historique en 1947 et 1950, conserve des fossés creusés dans la roche calcaire, partiellement en eau, et des maisons du XVIIe siècle adossées aux remparts. La tour-porte, équipée d’une bretèche et d’un sas défensif, marque l’entrée unique du village. Larressingle, adhérent à l’association Les Plus Beaux Villages de France, attire aujourd’hui 133 000 visiteurs annuels, grâce à son patrimoine préservé et à des reconstitutions médiévales, comme le camp de siège avec ses machines de guerre.
Le village fut également un enjeu pendant les guerres de Religion : en 1589, les Ligueurs s’en emparèrent et l’utilisèrent comme base pour leurs razzias jusqu’en 1596. Antoine-Arnaud de Pardaillan de Gondrin, seigneur de Montespan, y résista aux tentatives de reprise des consuls de Condom. Après sa reddition, Larressingle perdit son rôle militaire, mais son enceinte, symbole de la puissance abbatiale puis épiscopale, demeura intacte.
L’origine du nom Larressingle remonte à une légende gallo-romaine : une légion romaine, face à la résistance locale, aurait reçu l’ordre « RETRO SINGULI » (reculer un par un). Une autre hypothèse lie le toponyme au latin « Cingulum » (enceinte) et à une reconstruction (« re- »), reflétant son histoire de place forte remaniée. Aujourd’hui, le site allie patrimoine architectural et animations historiques, perpétuant la mémoire de son passé tumultueux.