Origine et histoire de l'enceinte fortifiée
L’enceinte fortifiée de Verdun, située dans le département de la Meuse en région Grand Est, trouve ses origines au XIIIe siècle. Ce premier rempart médiéval fut progressivement renforcé, notamment au XVIIe siècle par Vauban, qui y ajouta des bastions et une citadelle pour contrôler les axes stratégiques de la Meuse. Ces fortifications, initialement conçues pour protéger la ville alors intégrée au Saint-Empire romain germanique, furent modernisées après l’annexion française en 1552, marquant le début d’une série de transformations militaires majeures.
Au XIXe siècle, sous l’impulsion du général Séré de Rivières, Verdun devint un pivot du système défensif français face à l’Allemagne. Entre 1874 et 1914, deux ceintures de forts en béton armé furent construites, équipées de tourelles blindées, de casemates et d’abris souterrains. Ces aménagements firent de Verdun une place forte majeure, capable de résister aux obus modernes grâce à des innovations comme le béton armé et les galeries profondes. La ville, située sur un carrefour routier, ferroviaire et fluvial (Meuse, canal de l’Est), devint un verrou stratégique entre Metz et Paris.
Lors de la Première Guerre mondiale, l’enceinte et ses forts jouèrent un rôle central pendant la bataille de Verdun (1916), subissant des bombardements intensifs. Des millions d’obus frappèrent les fortifications, comme le fort de Douaumont ou l’ouvrage de Thiaumont, partiellement détruits. Malgré leur désarmement partiel en 1915, les galeries souterraines et les tourelles blindées permirent aux troupes françaises de tenir, illustrant l’efficacité relative des fortifications modernes. Après-guerre, certains forts, comme Douaumont et Vaux, furent préservés comme musées, tandis que d’autres, trop endommagés, furent abandonnés.
Entre 1926 et 1939, une partie des fortifications fut déclassée, mais certaines galeries furent réaménagées pour servir de seconde ligne derrière la ligne Maginot. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Verdun fut brièvement occupée en 1940, et ses forts servirent de points de résistance éphémères. Aujourd’hui, l’enceinte médiévale du XIIIe siècle, classée Monument Historique en 1937, ainsi que les forts emblématiques, témoignent de près de huit siècles d’histoire militaire, de l’époque médiévale aux conflits modernes.
Le site, partiellement accessible au public (forts de Douaumont, Vaux et ouvrage de La Falouse), attire les visiteurs pour son rôle dans la Grande Guerre et son architecture défensive unique. Les vestiges, comme l’ouvrage de Thiaumont ou la citadelle souterraine, rappellent l’intensité des combats et l’évolution des techniques de fortification. Verdun reste un symbole de résistance, où se mêlent patrimoine médiéval et innovations militaires des XIXe et XXe siècles.