Fondation de la cathédrale romane 1015 (≈ 1015)
Début du chantier sous l’évêque Werner.
1176
Incendie et reconstruction gothique
Incendie et reconstruction gothique 1176 (≈ 1176)
Transition vers le style gothique après destruction.
1277
Début du massif occidental
Début du massif occidental 1277 (≈ 1277)
Pose de la première pierre.
1439
Achèvement de la flèche
Achèvement de la flèche 1439 (≈ 1439)
Culminant à 142 mètres, record mondial.
1527
Passage au protestantisme
Passage au protestantisme 1527 (≈ 1527)
Cathédrale dédiée au culte réformé.
1681
Rétrocession au catholicisme
Rétrocession au catholicisme 1681 (≈ 1681)
Annexion française et restauration baroque.
1793
Temple de la Raison
Temple de la Raison 1793 (≈ 1793)
Transformation révolutionnaire et bonnet phrygien.
1870
Bombardement prussien
Bombardement prussien 1870 (≈ 1870)
Dégâts majeurs pendant le siège.
1944
Libération par Leclerc
Libération par Leclerc 1944 (≈ 1944)
Drapeau tricolore sur la flèche.
2004
Rénovation du chœur
Rénovation du chœur 2004 (≈ 2004)
Adaptation aux préceptes de Vatican II.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Cathédrale : classement par liste de 1862
Personnages clés
Erwin de Steinbach - Architecte (1284–1318)
Concepteur du massif occidental et de la rosace.
Ulrich d'Ensingen - Maître d’œuvre (1399–1419)
Initiateur de la flèche octogonale.
Jean Hültz - Architecte (1419–1439)
Acheveur de la flèche et ses escaliers.
Louis XIV - Roi de France
Rétrocède la cathédrale au catholicisme en 1681.
Jean Geiler de Kaysersberg - Prédicateur (XVe–XVIe)
Figure morale liée à la chaire sculptée.
Philippe Leclerc - Général français
Libérateur de Strasbourg en 1944.
Christiane Schmuckle-Mollard - Architecte en chef (depuis 2000)
Première femme à diriger les restaurations.
Origine et histoire
La cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, édifiée à partir de 1015 sur les vestiges d’une précédente cathédrale, est reconstruite en style gothique entre 1220 et 1365 sous l’impulsion de la ville impériale libre de Strasbourg, riche république marchande. Son clocher unique, surmonté d’une flèche ajoutée en 1439, culmine à 142 mètres, faisant d’elle l’édifice le plus haut du monde entre 1647 et 1874. Elle incarne à la fois un symbole religieux, avec son dédicace à la Vierge Marie, et un emblème politique, reflétant l’indépendance de Strasbourg face à son évêque.
La construction de la cathédrale s’étale sur plusieurs siècles, marquée par des transitions stylistiques majeures. Fondée en style roman sous l’évêque Werner (1015–1180), elle adopte progressivement le gothique après l’incendie de 1176, sous l’influence des maîtres d’œuvre franciliens. Le massif occidental, débuté en 1277, et la flèche, achevée en 1439 par Ulrich d'Ensingen et Jean Hültz, illustrent cette évolution. La cathédrale reste enchâssée dans son environnement urbain médiéval, sans dégagement moderne, préservant ainsi son intégration historique.
Au fil des siècles, la cathédrale subit les bouleversements religieux et politiques. Devenue protestante en 1527, elle est partiellement restaurée dans son culte catholique après l’annexion française de 1681, avec des ajouts baroques comme un baldaquin royal. La Révolution française la transforme en Temple de la Raison (1793), avec un bonnet phrygien géant coiffant sa flèche jusqu’en 1802. Les conflits du XIXe et XXe siècles (siège de 1870, bombardements de 1944) endommagent l’édifice, nécessitant des restaurations successives, dont celle de la flèche et des vitraux.
L’architecture de la cathédrale allie innovation et symbolisme. Sa façade, ornée de trois portails sculptés (Vie du Christ, Enfance du Christ, Jugement dernier), et sa rosace de 13,6 mètres de diamètre, témoignent d’une maîtrise technique exceptionnelle. À l’intérieur, le pilier des Anges (XIIIe siècle), les vitraux médiévaux, et l’horloge astronomique (XVIe siècle) – considérée comme une merveille de l’Allemagne – soulignent son rôle à la fois spirituel et scientifique. La flèche, conçue comme un symbole de la république strasbourgeoise, domine la plaine d’Alsace et reste visible depuis les Vosges.
La cathédrale abrite un mobilier liturgique remarquable, dont les stalles du chœur (1692), la chaire gothique flamboyante de Hans Hammer (1485), et les fonts baptismaux heptagonaux (1453), symbolisant les dimensions physiques et spirituelles de l’homme. Ses orgues, dont le grand orgue Silbermann (1716) reconstruit au XXe siècle, et ses tapisseries du XVIIe siècle (vie de la Vierge) enrichissent son patrimoine. Gérée par la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame depuis 1224, elle reste un lieu de culte actif, accueillant 4 millions de visiteurs annuels.
Symbole des tensions franco-allemandes, la cathédrale est instrumentalisée comme emblème national par les deux pays. Après 1870, la propagande française en fait un martyr de la « barbarie prussienne », tandis que l’Allemagne la présente comme un chef-d’œuvre du « génie germanique ». Libérée en 1944 par les troupes du général Leclerc, sa flèche est à nouveau ornée du drapeau tricolore, scellant son statut de monument de réconciliation et de mémoire collective.
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