Évasion des chouans Nuit du 20-21 prairial An II (1794) (≈ 21)
Libération de l'abbé Dulaurant par Michelot Moulin.
1611-1625
Construction de la prison
Construction de la prison 1611-1625 (≈ 1618)
Remplace une prison médiévale, avec auditoire intégré.
13 décembre 1978
Classement Monument historique
Classement Monument historique 13 décembre 1978 (≈ 1978)
Inscription de la prison, halle et tribunal.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Prison (ancienne) (cad. AC 377) : inscription par arrêté du 13 décembre 1978
Personnages clés
Michelot Moulin - Chef chouan
Organisa l'évasion de 1794 avec 75 hommes.
Abbé Dulaurant - Prisonnier chouan
Libéré lors de l'évasion révolutionnaire.
Origine et histoire
La prison royale de Tinchebray, construite entre 1611 et 1625, remplace une ancienne prison médiévale. Elle suit les traditions normandes en intégrant un auditoire au-dessus de la halle (ou « cohue »), où les sentences étaient publiquement proclamées. Ce bâtiment rectangulaire à un étage permettait de juger les détenus sans les déplacer, avec des geôles équipées de latrines et une chapelle adjacente. Les cellules du rez-de-chaussée servaient de logement au garde-champêtre.
Pendant la Révolution, l'édifice fut le théâtre d'une évasion spectaculaire en 1794 : le chef chouan Michelot Moulin et 75 hommes libérèrent des prisonniers, dont l'abbé Dulaurant, en trompant le geôlier. Cette action illustre les tensions locales pendant la chouannerie normande, mouvement contre-révolutionnaire marqué par des affrontements entre républicains et royalistes.
Classée Monument historique en 1978, la prison abrite aujourd'hui un musée exposant ses cellules d'origine, des graffitis du XVIIIe siècle, et des objets artisanaux normands du XXe siècle. L'ensemble, propriété communale, témoigne de l'architecture judiciaire de l'Ancien Régime et de son rôle dans la vie sociale de Tinchebray, alors bailliage secondaire dépendant de Mortain.
Le bailliage de Tinchebray, créé pour éviter les dangers de la forêt de la Lande Pourrie, couvrait 17 à 18 paroisses réparties entre les bailliages de Vire, Falaise et Caen. Son tribunal comptait un lieutenant civil et criminel, un assesseur, un procureur du Roi et un commissaire aux saisies réelles, reflétant l'organisation judiciaire d'époque.
L'architecture combine fonctions judiciaires et pénitentiaires : la halle au sud, l'escalier central en bois (non original), et les geôles au nord, avec un couloir desservant la chapelle. La « basse fosse », cachot sombre, et le logis du geôlier complètent cet ensemble préservé, offrant un aperçu rare des conditions carcérales du XVIIe siècle.
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