Fermeture de l’usine 2001 (≈ 2001)
Licenciement de 840 salariés
17 avril 2014
Classement monument historique
Classement monument historique 17 avril 2014 (≈ 2014)
Cantine et bâtiment d’usine protégés
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
En totalité le bâtiment n°23 à 5 étages (A) situé en partie sur la commune de Moussey (cad. 6 222) et sur la commune de Réchicourt-le-Château pour son autre partie (cad. 12 158) ; les façades et toitures du bâtiment de l'ancien foyer social (avec restauration) (B) situé sur la commune de Moussey (cad. 6 202), cf plan annexé à l'arrêté : inscription par arrêté du 17 avril 2014
Personnages clés
Tomáš Baťa - Fondateur et industriel
Créateur de la cité-usine en 1931
Jérôme Champion - Réalisateur
Auteur du documentaire *Pas un pas sans Bata* (2003)
François Caillat - Réalisateur
Documentaire *Bienvenue à Bataville* (2008)
Origine et histoire
Bataville est un complexe industriel et urbain fondé en 1931 par Tomáš Baťa, entrepreneur tchèque et pionnier de la production mondiale de chaussures, sur l’ancienne commune d’Hellocourt en Moselle. Ce site, unique en France, s’inscrit dans une série de cités Bata disséminées dans le monde, alliant modernité architecturale (inspirée du Bauhaus) et paternalisme social. Les bâtiments industriels, standardisés et alignés le long d’une avenue centrale, côtoient une cité ouvrière autonome dotée d’équipements collectifs (écoles, piscine, église, commerces), reflétant une volonté d’hygiène et de contrôle social.
La construction de Bataville s’étale des années 1930 aux années 1970, marquée par des phases d’expansion (années 1950 avec la halle des sports) et des résistances locales, comme la loi anti-Bata de 1936 limitant son développement. Après-guerre, le site se modernise, mais la fermeture de l’usine en 2001 — entraînant la perte de 840 emplois — provoque un choc social et médiatique, immortalisé par des documentaires (ex. Pas un pas sans Bata, 2003). Depuis, le site se reconvertit partiellement en plateforme logistique et accueil éphémère d’initiatives culturelles, comme l’Université foraine en 2016.
L’architecture de Bataville se distingue par ses bâtiments industriels en béton et brique (5 étages, fenêtres alignées) et ses pavillons ouvriers aux toits plats, conçus pour éviter les greniers jugés insalubres. La cité, labellisée Patrimoine du XXe siècle, est bordée par un étang médiéval et des forêts, intégrant nature et travail. Deux éléments sont classés monuments historiques en 2014 : la cantine (foyer social) et un bâtiment d’usine, symboles de cette utopie à la fois progressiste et autoritaire.
Le déclin de Bataville s’amorce dans les années 1980 avec la destruction de la vieille cité, puis la fermeture définitive en 2002, après un siècle marqué par des tensions entre modernisation industrielle et préservation sociale. Aujourd’hui, le site incarne un patrimoine controversé, entre mémoire ouvrière et reconversion économique, tout en restant un témoignage rare des cités-usines en Europe. Son histoire est documentée par des ouvrages (Bataville (1931-2001), PU Grenoble, 2023) et des films (Bienvenue à Bataville, 2008).
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