Origine et histoire
La ferme-château Le Bel, située à Lampertsloch dans le Bas-Rhin, est un monument historique inscrit depuis 2008. Construite au début du XIXe siècle, elle remplace des bâtiments antérieurs à la Révolution française, sur un site exploité pour ses sables bitumineux. Ce domaine original associe une demeure seigneuriale, des bâtiments agricoles en U, et un laboratoire en pan de bois, reflétant une double vocation : exploitation minière et innovation agronomique.
La demeure principale, datée de 1805 par son chambranle, présente une architecture sobre en moellons de grès, avec un toit brisé et un escalier en fer forgé. À proximité, un petit bâtiment de 1813, ancien laboratoire d’Achille Le Bel, porte les traces d’une girouette de 1779. Les ailes agricoles, érigées entre 1821 et 1835, complètent cet ensemble où se mêlent style régionaliste et fonctionnalité industrielle. La cour pavée et le parc, encore visibles, témoignent de l’importance du lieu.
Le site est indissociable de la famille Le Bel, qui y développe dès 1805 une exploitation pétrolière pionnière, tout en menant des expériences agronomiques. Marie Joseph Achille Le Bel, puis son fils Achille, transforment la ferme en un centre scientifique et économique majeur en Alsace. Après la fermeture de la raffinerie, le domaine abrite un restaurant avant d’être acquis par une chaîne thermale, sans que les sources locales ne soient finalement exploitées.
L’inscription aux monuments historiques en 2008 protège l’intégralité du site : château, laboratoire, bâtiments agricoles, cour, parc et éléments de clôture. Ce classement souligne la valeur patrimoniale d’un lieu où se croisent histoire industrielle, architecture rurale et mémoire scientifique, unique dans la région Grand Est.
Aujourd’hui propriété privée, la ferme-château Le Bel reste un symbole des liens entre innovation technique et patrimoine rural alsacien. Son état de conservation, malgré des usages variés, permet d’étudier les techniques constructives du XIXe siècle et l’évolution des activités économiques locales, de l’agriculture à la chimie naissante.