Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Ferme de la Longueroye à Longvilliers dans le Pas-de-Calais

Pas-de-Calais

Ferme de la Longueroye

    3 Rue de l'Abbaye
    62630 Longvilliers

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1135
Fondation de l'abbaye
1147
Rattachement à Clairvaux
1346, 1412, 1543
Incursions anglaises
1765
Arrestation de La Barre
1790 environ
Vente comme bien national
7 octobre 1991
Inscription MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Grange (cad. B 57) : inscription par arrêté du 7 octobre 1991

Personnages clés

Étienne de Blois - Fondateur de l'abbaye Roi d'Angleterre et comte de Boulogne
Mathilde de Boulogne - Co-fondatrice de l'abbaye Épouse d'Étienne de Blois
Bernard de Clairvaux - Initiateur de la fondation Sollicita la création du monastère
François-Jean Lefebvre de La Barre - Personnage lié à un scandale Arrêté en 1765 pour sacrilège

Origine et histoire

La ferme de la Longueroye, située à Longvilliers (Pas-de-Calais), est une ancienne grange dépendant de l'abbaye cistercienne de Longvillers, fondée en 1135 par Étienne de Blois, roi d'Angleterre et comte de Boulogne, avec sa femme Mathilde. Ce monastère savignien, passé sous la filiation de Clairvaux en 1147, fut un centre religieux et économique majeur jusqu'à sa destruction après la Révolution. La ferme, datant des XIIe-XIIIe siècles, est l'un des rares bâtiments subsistants de l'abbaye, avec le moulin et des vestiges du mur d'enceinte.

L'abbaye de Longvillers connut une histoire mouvementée, marquée par les guerres de la fin du Moyen Âge (incursions anglaises en 1346, 1412 et 1543) et sa mise en commende à une date indéterminée. Au XVIIIe siècle, elle n'abritait plus que quelques moines avant d'être vendue comme bien national et rasée, ses pierres servant à construire des maisons locales. La ferme de la Longueroye, préservée comme 'grange monumentale', fut inscrite à l'inventaire des Monuments Historiques en 1991 pour son architecture emblématique.

Le site abbatial, implanté dans le vallon de la Dordogne, tirait parti d'aménagements hydrauliques créés par les moines, dont un bief alimentant le moulin. Ce dernier, transformé en exploitation agricole puis en habitation, illustre l'héritage économique de l'abbaye. La ferme de la Longueroye, surnommée 'cathédrale des moissons' pour ses dimensions imposantes, témoigne aujourd'hui de l'importance des granges cisterciennes dans l'organisation des domaines monastiques médiévaux.

Un épisode sombre marqua l'abbaye en 1765 avec l'arrestation de François-Jean Lefebvre de La Barre, accusé de sacrilège. Ce fait divers, bien que marginal dans l'histoire du site, reflète les tensions religieuses de l'époque. La disparition presque totale de l'abbaye contraste avec la survie de la ferme, symbole de la résilience du patrimoine agricole face aux bouleversements historiques.

Les vestiges encore visibles (mur d'enceinte, moulin) et les archives mentionnent une abbatiale vaste dotée d'une tour à sept cloches, soulignant la richesse passée du monastère. La ferme de l'Abiette à Attin, autre dépendance conservée mais plus dégradée, rappelle l'étendue des possessions abbatiales. Ces éléments dispersés sont les derniers témoins d'un ensemble monastique qui joua un rôle clé dans la région pendant plus de six siècles.

Liens externes