Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Ferme du Chuzeau dite Ferme Berlioz à La Côte-Saint-André dans l'Isère

Ferme du Chuzeau dite Ferme Berlioz

    32 Rue de la Fontaine
    38260 La Côte-Saint-André
Propriété privée
Crédit photo : Joussef952 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1821
Conflit familial évoqué par Berlioz
1820-1830
Construction des bâtiments actuels
fin XVIIIe siècle
Acquisition par la famille Berlioz
25 septembre 2003
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La ferme en totalité, foncier et bâti, soit les parcelles E 900 (prés) , 1109 (pavillon) , 903 (vignes - verger) , 902 et 905 (terrains aux abords, ferme et annexes) : inscription par arrêté du 25 septembre 2003

Personnages clés

Hector Berlioz - Compositeur français Évoque la ferme dans ses *Mémoires* et son conflit familial.
Dr Louis Berlioz - Médecin et maire de La Côte-Saint-André Père d'Hector, propriétaire du domaine au XIXe siècle.
Mme Berlioz (mère d'Hector) - Propriétaire de la magnanerie S’opposa à la vocation musicale de son fils.

Origine et histoire

La Ferme du Chuzeau, également appelée Ferme Berlioz, est située à La Côte-Saint-André, dans le département de l’Isère, entre Vienne, Grenoble et Lyon. Ce domaine agricole, acquis par le grand-père d’Hector Berlioz à la fin du XVIIIe siècle, fut un lieu de villégiature pour la famille du compositeur. Les bâtiments actuels, construits entre 1820 et 1830, se composent de deux corps de logis parallèles en maçonnerie de galets et pisé, encadrant une cour allongée. La ferme abrite des espaces dédiés à l’agriculture (écurie, étable, moulin, séchoir) ainsi qu’une magnanerie, lieu où la mère d’Hector Berlioz élevait des vers à soie, accessible par un escalier extérieur en bois.

Le site est indissociable de l’histoire familiale des Berlioz : le Dr Louis Berlioz, père du compositeur et maire de La Côte-Saint-André, y résidait avec son épouse, dont les convictions religieuses strictes marquèrent profondément Hector. Dans ses Mémoires, ce dernier évoque une scène violente survenue dans cette ferme en 1821, où sa mère, opposée à sa vocation musicale qu’elle jugeait immorale, le maudit avant son départ pour Paris. Ce conflit illustre les tensions entre les aspirations artistiques du jeune homme et les valeurs conservatrices de la province dauphinoise de l’époque. La ferme, restée propriété privée, fut inscrite en totalité aux monuments historiques en 2003, incluant ses dépendances, ses terres et son verger.

L’organisation spatiale de la ferme reflète une exploitation agricole typique du XIXe siècle en Dauphiné. Le bâtiment sud, doté d’un hangar, de caves et de greniers, abritait au premier étage la magnanerie de Mme Berlioz, activité économique courante dans la région à cette époque. Le bâtiment nord, plus fonctionnel, regroupait des espaces dédiés à l’élevage (étable, poulailler), au stockage (fenil, bûcher) et à la transformation des récoltes (moulin, colardier). Un passage couvert menait à un espace vignoble et verger, soulignant la polyculture pratiquée. Les matériaux utilisés — galets roulés des rivières locales et pisé — témoignent des ressources disponibles et des techniques constructives traditionnelles.

La Ferme Berlioz incarne aussi le patrimoine littéraire et musical français. Hector Berlioz, bien que né en ville, y passa une partie de son enfance et en fit le décor de souvenirs douloureux dans ses Mémoires. Le domaine, décrit comme un « lieu de plaisance » pour la famille, contraste avec l’austérité des relations familiales qu’il évoque. Aujourd’hui, la ferme conserve son caractère authentique, sans ouverture systématique au public, mais elle reste un symbole des racines dauphinoises du compositeur et des contradictions sociales de son époque, entre modernité artistique et traditionalisme provincial.

Enfin, l’inscription de la ferme au titre des monuments historiques en 2003 a permis de préserver un ensemble architectural et paysager représentatif du XIXe siècle. Les parcelles protégées incluent non seulement les bâtiments, mais aussi les prés, vignes et vergers environnants, soulignant l’importance du lien entre le bâti et son environnement agricole. Ce classement reflète la double valeur du site : patrimoine rural dauphinois et mémoire intime d’une famille ayant marqué l’histoire culturelle française.

Liens externes