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Folie Saint-James de Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine

Patrimoine classé Château de style néo-classique et palladien Jardin

Folie Saint-James de Neuilly-sur-Seine

    16 Avenue de Madrid
    92200 Neuilly-sur-Seine
Propriété de l'Etat
Folie Saint-James de Neuilly-sur-Seine
Folie Saint-James de Neuilly-sur-Seine
Folie Saint-James de Neuilly-sur-Seine
Folie Saint-James de Neuilly-sur-Seine
Folie Saint-James de Neuilly-sur-Seine
Crédit photo : Moonik - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1777
Construction de la Folie
1787
Faillite du baron
1793
Vente aux enchères
1844
Maison de santé
1922
Classement monument historique
2009
Acquisition départementale
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les constructions et le parc de la propriété dite Folie Saint-James : classement par arrêté du 23 janvier 1922 - L'ancienne chapelle située à l'extrémité nord du parc : classement par arrêté du 28 avril 1922

Personnages clés

Claude Baudard de Vaudésir, baron de Sainte-James - Commanditaire et propriétaire Contrôleur général de la Marine.
François-Joseph Bélanger - Architecte et paysagiste Créateur de la Folie et du parc.
Jean-Baptiste Chaussard - Paysagiste collaborateur Concepteur des fabriques et aménagements.
Casimir Pinel - Médecin propriétaire Fonda une maison de santé.
Henri de Toulouse-Lautrec - Patient célèbre Séjourna en 1899.
Élisabeth Vigée Le Brun - Témoin historique Décrivit les fêtes de la Folie.

Origine et histoire

La Folie Saint-James est une demeure luxueuse édifiée en 1777 à Neuilly-sur-Seine par l’architecte François-Joseph Bélanger pour Claude Baudard de Vaudésir, baron de Sainte-James et contrôleur général de la Marine sous Louis XV. Ce dernier, désirant rivaliser avec la folie du comte d’Artois (futur Charles X) dans le bois de Boulogne voisin, confia à Bélanger la création d’un domaine somptueux, incluant une maison de maître transformée en communs et un parc de douze hectares orné de fabriques, de cascades et de pièces d’eau, inspiré des jardins anglo-chinois.

Le parc, conçu avec l’aide du paysagiste Jean-Baptiste Chaussard, abritait des éléments spectaculaires comme le Grand Rocher, une construction monumentale de 43 mètres de long abritant des bains et des jeux d’eau, ainsi qu’une rivière artificielle alimentée par la Seine. Le coût exorbitant des travaux (jusqu’à 14 millions de livres selon les sources) conduisit à la faillite du baron en 1787. Pendant la Révolution, la propriété fut vandalisée par la Bande Noire, puis vendue aux enchères en 1793 au duc de Choiseul-Praslin pour 262 000 livres.

Au XIXe siècle, le domaine fut morcelé et partiellement loti. En 1844, le docteur Casimir Pinel y installa une maison de santé où séjourna Henri de Toulouse-Lautrec en 1899. Au XXe siècle, la Folie fut classée monument historique (1922), puis acquise par l’État en 1952. Une partie du parc fut transformée en lycée dans les années 1950, tandis que les fabriques restantes, comme le Grand Rocher et le Pavillon de Musique (ancien cabinet d’histoire naturelle), firent l’objet de restaurations partielles. Depuis 2009, le site appartient au conseil départemental des Hauts-de-Seine.

L’architecture de la Folie mêle néoclassicisme et exubérance rocaille, avec des façades en brique et pierre, des médaillons sculptés, et un intérieur richement décoré de stucs, boiseries et fresques en trompe-l’œil. Le parc, réduit à 1,8 hectare, conserve quelques fabriques emblématiques, dont le temple de l’Amour ajouté dans les années 1920 par les propriétaires Lebel. Malgré les dégradations subies pendant les occupations allemande et américaine (1944-1947), le site reste un témoignage exceptionnel des « folies » aristocratiques du XVIIIe siècle.

Les restaurations, prévues à partir de 2014 puis reportées à 2015, visent à redonner leur éclat aux fontaines, cascades et décors intérieurs. Le Pavillon de Musique, classé séparément en 1922, abrite une coupole décorée de stucs antiques et une verrière zénithale, mais son accès reste limité. Les descriptions d’Élisabeth Vigée Le Brun et de Thomas Blaikie, contemporains du baron, soulignent l’opulence et l’audace du projet, symbole d’un âge d’or où l’aristocratie parisienne rivalisait de fastes dans les faubourgs de la capitale.

Liens externes