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Folie Saint-James dans les Hauts-de-Seine

Folie Saint-James

    34 Avenue de Madrid
    92200 Neuilly-sur-Seine

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1777
Construction de la Folie
1787
Faillite du baron
1844
Maison de santé
1922
Classement historique
1952
Acquisition par l’État
2009
Propriété départementale
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Classé MH

Personnages clés

Claude Baudard de Vaudésir - Baron de Sainte-James Commanditaire et premier propriétaire.
François-Joseph Bélanger - Architecte-paysagiste Concepteur de la folie et du parc.
Jean-Baptiste Chaussard - Collaborateur de Bélanger Co-auteur des fabriques et jardins.
Casimir Pinel - Médecin aliéniste Fonda une maison de santé en 1844.
Henri de Toulouse-Lautrec - Peintre postimpressionniste Patient en 1899.
Nicolas Lhuillier - Sculpteur-décorateur Auteur des stucs intérieurs.

Origine et histoire

La Folie Saint-James fut édifiée en 1777 à Neuilly-sur-Seine pour Claude Baudard de Vaudésir, baron de Sainte-James et contrôleur général de la Marine sous Louis XV. Ce riche financier confia à l’architecte François-Joseph Bélanger la création d’une « folie » — une demeure luxueuse entourée d’un parc à fabriques — pour rivaliser avec celle du comte d’Artois (futur Charles X) dans le bois de Boulogne voisin. Le domaine, d’une superficie initiale de 12 hectares, intégrait des éléments architecturaux néoclassiques, des grottes, des cascades, et un impressionnant « Grand Rocher » de 43 mètres de long, inspiré des thermes romains.

Le parc, conçu sur le modèle des jardins pittoresques anglo-chinois, était traversé par une rivière artificielle alimentée par la Seine via une « pompe à feu ». Parmi ses fabriques, on comptait des ponts, des kiosques, des pavillons, et une animalerie avec une salle de spectacle. Le coût exorbitant du projet (jusqu’à 14 millions de livres selon les sources) conduisit à la faillite du baron en 1787. Pendant la Révolution, la propriété subit des dégradations par la Bande Noire avant d’être vendue aux enchères pour 262 000 livres au duc de Choiseul-Praslin, puis à la famille Bobierre.

Au XIXe siècle, le domaine fut morcelé et partiellement loti. En 1844, le docteur Casimir Pinel y installa une maison de santé où séjournèrent des personnalités comme Henri de Toulouse-Lautrec en 1899. Les propriétaires suivants, les Lebel, restaurèrent la propriété dans les années 1920 en y ajoutant des éléments Art déco, comme un temple de l’Amour et un jardin géométrique. Classée monument historique en 1922, la Folie devint propriété de l’État en 1952, abritant un lycée public à partir de 1959. Depuis 2009, elle appartient au conseil départemental des Hauts-de-Seine, qui entreprit des restaurations à partir de 2015 pour préserver les fabriques restantes et réouvrir le parc au public.

L’architecture de la Folie mêle brique et pierre, avec des façades néoclassiques ornées de médaillons, de colonnes ioniques, et de stucs intérieurs signés Nicolas Lhuillier. Le « Grand Rocher », pièce maîtresse du parc, abritait des bains somptueux et des automates, tandis que le Pavillon de Musique (1784), décoré de stucs antiques, exposait une collection de minéraux. Malgré la disparition de la plupart des fabriques originales, le site conserve des vestiges comme le pont en pierres de taille, la colonne antique, et des éléments du système hydraulique. Les descriptions d’Élisabeth Vigée Le Brun et de Thomas Blaikie témoignent de son faste passé, où fêtes et spectacles attiraient l’aristocratie parisienne.

Aujourd’hui, le parc réduit à 1,8 hectare reste un témoignage rare des jardins pittoresques du XVIIIe siècle en Île-de-France. Les restaurations en cours visent à redonner vie aux fontaines, cascades, et fabriques, tout en préservant les ajouts Art déco des années 1920. Le lycée occupant une partie des lieux, la Folie Saint-James incarne à la fois un patrimoine historique exceptionnel et un espace public accessible, classé parmi les parcs départementaux des Hauts-de-Seine.

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