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Forge d'Etchaux à Saint-Étienne-de-Baïgorry dans les Pyrénées-Atlantiques

Forge d'Etchaux

    437 Pauttoko Bidea
    64430 Saint-Étienne-de-Baïgorry
Propriété privée

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1640
Autorisation royale
1741
Contrat de livraison de canons
1755
Partage des bois
1768
Arrêt du haut-fourneau
1785
Fermeture définitive
fin XVIIe siècle
Construction du haut-fourneau
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Forge (cad. F 217, 1264) : inscription par arrêté du 8 octobre 1996

Personnages clés

Louis XIII - Roi de France Autorisa la forge en 1640.
Marquis de Barbézieux - Secrétaire à la Guerre de Louis XIV Fonda le haut-fourneau à la fin du XVIIe.
Vicomte d'Etchauz - Propriétaire et exploitant Signa le contrat de 1741 pour 1 200 canons.
André Fougeroux de Secval - Inspecteur d'artillerie Surveilla la forge en 1767-1768.
Bertrand, marquis d'Antin de Saint-Pée - Lieutenant-colonel de marine Inspecta la forge de 1768 à 1769.

Origine et histoire

La forge d'Etchaux, située dans la vallée des Aldudes à 1,5 km au sud de Saint-Étienne-de-Baïgorry (Pyrénées-Atlantiques), fut active du milieu du XVIIe siècle jusqu’en 1785. Initialement autorisée en 1640 par Louis XIII pour exploiter des mines de fer, sa première existence reste incertaine. À la fin du XVIIe siècle, le marquis de Barbézieux, secrétaire à la Guerre de Louis XIV, y fit construire un haut-fourneau et une fonderie pour produire bombes et boulets utilisés lors des campagnes militaires en Espagne.

Au XVIIIe siècle, la forge devint une fonderie de canons réputée, approvisionnant la Marine royale et des armateurs privés comme ceux de Bayonne. En 1741, un contrat engagea le vicomte d’Etchauz à livrer 1 200 canons en quatre ans. L’activité fut intense pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763), sous la surveillance d’inspecteurs d’artillerie comme André Fougeroux de Secval (1767-1768) ou le marquis d’Antin de Saint-Pée (1768-1769). La forge employait des ouvriers qualifiés (fondeurs, mouleurs) et des locaux (charbonniers, mineurs) pour exploiter le minerai de fer spathique de la mine d’Oustéléguy.

Le déclin de la forge fut causé par l’épuisement des ressources forestières, essentielles pour produire le charbon de bois. Malgré un partage des bois de la vallée des Aldudes en 1755 avec une fonderie concurrente, la pénurie persista. Le haut-fourneau s’éteignit vers 1768, et seule une petite forge de réduction directe fonctionna jusqu’en 1785, année de la mort du vicomte d’Etchauz. Aujourd’hui, le haut-fourneau cubique du XVIIIe siècle, à cuve carrée, est le seul vestige conservé de ce site industriel majeur.

Les canons produits à Etchaux étaient légers et solides, appréciés pour leur résistance, surtout en milieu naval où les explosions étaient redoutées. Transportés vers Bayonne par des chemins difficiles, ils étaient déclinés en quatre calibres (6, 8, 10, 12). Après l’arrêt du haut-fourneau, le minerai était traité dans un fourneau de réduction directe inspiré des méthodes navarraises, avec sept ouvriers. La forge illustre ainsi l’importance stratégique de la métallurgie basque sous l’Ancien Régime, avant son déclin lié aux contraintes environnementales.

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