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Forges d'Ans

    108 La Forge d'ans
    24640 Cubjac-Auvézère-Val d'Ans
Propriété privée
Forges dAns
Forges dAns
Forges dAns
Forges dAns
Forges dAns
Crédit photo : Père Igor - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1691
Début de la production de canons
1791
Rachat par Jean Festugière
1794
Grève des ouvriers
1830
Fin de la production de canons
1860
Accords de libre-échange
2018
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La totalité des éléments listés ci après constitutifs de la forge d’Ans : une maison de maître : parcelle n°530 ; une moulerie : parcelle n°532 ; et un parc : parcelles n°529 et n°521 (incluant des vannes hydrauliques), n°488 (incluant d’anciens hauts fourneaux), n°1093 et n°1095; d'une ancienne centrale électrique : n° 489 ; conformément au plan annexé, figurant au cadastre section B : inscription par arrêté du 21 décembre 2018.

Personnages clés

Jacques-François de Hautefort d'Ajat - Fondateur Seigneur d'Ans, créateur de la forge fin XVIIe.
Jean Festugière - Propriétaire et industriel Modernisa la forge (1791-1829), spécialiste du fer.
Marquise de Taillefer (Suzanne-Thérèse d'Arlot de Frugie) - Ancienne propriétaire Vendit la forge à Festugière en 1791.
Émile Festugière - Descendant et industriel Quitta la Dordogne pour la Haute-Marne.

Origine et histoire

Les Forges d'Ans, situées à Cubjac-Auvézère-Val d'Ans (ancienne commune de La Boissière-d'Ans) en Dordogne, furent fondées à la fin du XVIIe siècle par Jacques-François de Hautefort d'Ajat. Installées près du château d'Ans, elles utilisaient la force hydraulique du Blâme, affluent de l'Auvézère, pour actionner leurs soufflets. Leur production de canons, destinée à la Marine royale, était acheminée via un réseau fluvial jusqu'aux arsenaux de Rochefort.

La forge connut son apogée sous la direction de Jean Festugière (1761-1829), qui en devint propriétaire en 1791 après l'avoir gérée pour la marquise de Taillefer. Profitant des guerres révolutionnaires et napoléoniennes, Festugière y fabriqua des canons et modernisa partiellement les installations, dont la maison de maître (1791-1810), dotée de sous-sols voûtés et d'un tunnel souterrain. Les ouvriers se mirent en grève en 1794 pour réclamer de meilleurs salaires, illustrant l'importance économique du site.

Le déclin s'amorça après 1829, avec la mort de Jean Festugière et la concurrence industrielle anglaise. Malgré une tentative de reconversion en 1862, la forge ferma définitivement en 1870, victime des accords de libre-échange de 1860. Les vestiges — hauts fourneaux, moulerie, centrale électrique et vannes hydrauliques — furent inscrits aux monuments historiques en 2018. En 2022, le site bénéficia d'une subvention de 168 000 € dans le cadre du Loto du patrimoine.

Le domaine, ceint de murs en pierre, conserve des éléments remarquables comme la maison de maître à deux niveaux de sous-sols, les anciens hauts fourneaux (alimentés autrefois par le bois de la forêt Barade), et une vanne hydraulique régulant le débit d'eau. Une halle à charbon, visible sur les plans du XIXe siècle, a aujourd'hui disparu. La forge d'Ans incarne l'héritage métallurgique du Périgord, marqué par son adaptation aux besoins militaires et son déclin face à l'industrialisation.

Créée sur la route des canons, un réseau de forges approvisionnant les arsenaux de La Rochelle, la forge d'Ans passa entre les mains de familles influentes comme les Bertin avant d'être reprise par les Festugière. Ces derniers, devenus figures de l'industrie et de la finance, illustrent le lien entre patrimoine sidérurgique et ascension sociale. Le site, aujourd'hui fermé à la visite, reste un témoignage des techniques pré-industrielles et des enjeux économiques de la Révolution à la monarchie de Juillet.

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