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Forges d'Échalonge à Essertenne-et-Cecey en Haute-Saône

Patrimoine classé
Patrimoine industriel
Forge

Forges d'Échalonge à Essertenne-et-Cecey

    Echalonge
    70100 Essertenne-et-Cecey
Propriété privée

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1544
Fondation du site
5 juin 1544
Autorisation royale
1595
Destruction par les soldats
1603
Premier usage du terme 'haut fourneau'
1831
Rachat par Jobard
1834
Machine à vapeur innovante
1877
Extinction du haut fourneau
5 avril 1993
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures de la maison du maître de forges, du logement des ouvriers et de la halle à charbon ; réseau hydraulique en totalité depuis la chaussée de l'étang jusqu'à la réunion des canaux en aval, y compris la partie enterrée des canaux, les ponts et l'ancien lavoir à bras (dit le petit étang) (cad. B3 381, 382 ; ZA 49, 50 ; ZB 33, 35) : inscription par arrêté du 5 avril 1993

Personnages clés

Claude Agnus de Gray - Fondateur Créa le fourneau et moulin en 1544.
Jean Chirard - Reconstructeur Rétabli le haut fourneau en 1651.
Louis Fabry de Montcault - Propriétaire (1687) Acquit le site et autres usines locales.
Jean-Baptiste Jobard - Industriel innovant Modernisa la forge en 1834.
Adéodat Dufournel - Ingénieur centralien Conçut la machine à vapeur en 1834.
Laurent et Thomas - Ingénieurs collaborateurs Participèrent aux innovations techniques.

Origine et histoire

Les forges d'Échalonge, situées à Essertenne-et-Cecey en Haute-Saône, furent fondées en 1544 par Claude Agnus de Gray, fermier des étangs locaux. Autorisées par lettres patentes en juin 1544, elles comprenaient initialement un fourneau et un moulin. Le site, ruiné en 1595 lors des conflits pour la Franche-Comté, fut rétabli et devint un haut fourneau majeur au XVIIe siècle, avec une production annuelle de 500 à 800 tonnes de fonte aux XVIIIe et XIXe siècles.

En 1831, Jean-Baptiste Jobard rachète le site et modernise la production en installant en 1834 une machine à vapeur innovante, utilisant la chaleur perdue du haut fourneau. Ce procédé, mis au point avec les ingénieurs Adéodat Dufournel, Laurent et Thomas, se répand dans la vallée de la Saône. Malgré ces avancées, le haut fourneau s’éteint en 1877 et est démoli, ne laissant que des vestiges comme la halle à charbon, le logis patronal et un logement ouvrier.

Le site, marqué par des destructions répétées (1595, 1636, 1668), fut aussi un lieu d’innovation technique. En 1834, des essais réussis y remplacèrent le charbon de bois par du bois desséché. Les bâtiments restants, dont le réseau hydraulique alimenté par l’étang, furent inscrits aux Monuments Historiques en 1993, préservant ainsi la mémoire de cette activité industrielle majeure.

Les forges illustrent l’évolution des techniques sidérurgiques en Bourgogne-Franche-Comté, passant d’une production artisanale à une industrialisation précoce. Leur déclin au XIXe siècle reflète les mutations économiques de la région, où l’agriculture finit par remplacer l’activité métallurgique sur le site.

Aujourd’hui, les vestiges des forges d’Échalonge, avec leurs façades et toitures protégées, offrent un témoignage rare de l’architecture industrielle des XVIIIe et XIXe siècles. Leur inscription à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques souligne leur importance patrimoniale dans l’histoire technique française.

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