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Forges Mondière à Thiers dans le Puy-de-Dôme

Forges Mondière

    81 Avenue Joseph Claussat
    63300 Thiers
Propriété de la commune
Crédit photo : Rilba - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XVe siècle
Origines du site
Années 1880
Transition vers la coutellerie
Fin XVIe - XVIIIe siècle
Activité papetière
1901
Spécialisation en estampage
1914
Construction de l’annexe
1984
Fermeture définitive
14 juin 2002
Classement monument historique
2018
Effondrement partiel du toit
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les forges en totalité, y compris les aménagements intérieurs avec les machines de fabrication et les turbines hydrauliques (cad. AT 40) : inscription par arrêté du 14 juin 2002

Personnages clés

Monsieur Mondière - Ancien propriétaire et directeur Donne son nom à l’usine.
George Trakas - Artiste canadien Crée le « pont-épée » en 1985.
Maurice Adevah-Pœuf - Maire de Thiers (années 1980-2001) Lance les réflexions de réhabilitation.
Thierry Déglon - Maire de Thiers (à partir de 2001) Poursuit les projets de sauvegarde.

Origine et histoire

Les forges Mondière, situées dans la vallée des Usines à Thiers (Puy-de-Dôme), sont une ancienne usine spécialisée dans le forgeage par estampage des lames de couteaux. Fondée au début du XXe siècle sur l’emplacement d’un ancien rouet du XVe siècle, puis d’une papeterie et d’une scierie, l’usine connaît son apogée industrielle grâce à la force hydraulique de la Durolle. Elle produit des lames pour des marques prestigieuses comme Christofle ou Colliot, avant de fermer brutalement en 1984 sous la pression de la concurrence asiatique et des mutations économiques locales.

Le site, racheté par la mairie de Thiers en 1984, est inscrit aux monuments historiques en 2002 pour son patrimoine technique exceptionnel : marteau-pilons, turbines hydrauliques, et machines de production sont restés en place depuis l’arrêt de l’activité. Malgré des projets de réhabilitation (musée de la coutellerie, espace culturel), seuls des travaux de sécurisation ont été menés, notamment après l’effondrement partiel du toit en 2018. Aujourd’hui en péril, les forges Mondière symbolisent à la fois le savoir-faire coutelier thiernois et les défis de la préservation du patrimoine industriel.

L’architecture des forges Mondière reflète son évolution industrielle : encastrée dans les gorges de la Durolle, l’usine allie murs en moellons de granite, pans de bois, et toiture en shed avec lanterneaux. Quatre ateliers successifs, dont un bâti sur le rocher, abritent des vestiges comme un coursier de roue à aubes. À proximité, une annexe de 1914 servait de logement au directeur et de bureaux. Le site, bien que fermé au public, inspire encore artistes et projets culturels, comme le symposium de sculpture métallique de 1985 ou les œuvres de George Trakas intégrées au paysage.

La vallée des Usines, cœur historique de la coutellerie thiernoise, a vu ses activités décliner au XXe siècle avec l’électrification et la délocalisation des entreprises vers la plaine. Les forges Mondière, contrairement à l’usine du May (devenue espace d’expositions) ou au Creux de l’enfer (centre d’art contemporain), n’ont pas encore trouvé de seconde vie. Leur sauvegarde reste un enjeu pour la municipalité, qui mise sur leur potentiel touristique et mémoriel, dans une région marquée par la reconversion post-industrielle.

Le processus de fabrication des couteaux aux forges Mondière illustrait l’expertise locale : les barres d’acier étaient estampées, martelées à chaud, puis poinçonnées avant l’assemblage final. Cette chaîne de production, dépendante à l’origine de la force hydraulique de la Durolle, a progressivement basculé vers l’électricité au XXe siècle. La fermeture de 1984 a figé ce patrimoine technique, offrant un témoignage rare des méthodes industrielles coutelières, aujourd’hui menacé par l’état de dégradation du bâtiment.

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