Achat du terrain 1870 (≈ 1870)
Acquisition du moulin Desplagnes par les Girodon.
1872
Autorisation préfectorale
Autorisation préfectorale 1872 (≈ 1872)
Permis de construire l’usine de soie.
1873-1875
Construction du site
Construction du site 1873-1875 (≈ 1874)
Édification usine et pensionnat en pisé.
1885
Apogée économique
Apogée économique 1885 (≈ 1885)
973 employés dont 800 ouvrières.
1934
Fermeture de l’usine
Fermeture de l’usine 1934 (≈ 1934)
Fin de la production de soie.
17 juillet 1990
Classement MH
Classement MH 17 juillet 1990 (≈ 1990)
Inscription usine et cité ouvrière.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Usine-pensionnat (cad. B 823, 824, 1685, 1686) : inscription par arrêté du 17 juillet 1990
Personnages clés
Famille Girodon - Manufacturiers et propriétaires
Fondateurs de l’usine et du pensionnat.
Gérard Duchaine - Guide historique
A animé une visite exceptionnelle en 2024.
Raymond Moyroux - Historien local
Auteur d’une monographie sur le site.
Origine et histoire
L’usine-pensionnat Girodon fut construite entre 1873 et 1875 à Saint-Siméon-de-Bressieux (Isère) par les manufacturiers Girodon, dans le cadre de la délocalisation des soieries lyonnaises vers le Bas-Dauphiné après 1825. Acquise en 1870 avec le moulin Desplagnes, elle fut autorisée par arrêté préfectoral en 1872. Le site combinait une usine de tissage et un internat pour ouvrières, bâti en pisé, matériau local, afin de les loger sur place toute la semaine. La charpente métallique de type Polonceau et les encadrements en brique cuite illustrent l’architecture industrielle de l’époque.
À son apogée en 1885, l’usine employait 973 personnes, dont 800 ouvrières, avant un déclin progressif (160 employés en 1929) et sa fermeture en 1934. Rachat en 1942 par Peugeot, puis par Sachs et Huret en 1987, le site fut préservé pour son usage de la terre crue et son organisation spatiale (plan en L, cour intérieure avec bassin). Classé monument historique en 1990, il reste un exemple rare de cité ouvrière intégrée, bien que fermé au public.
La vie des ouvrières, souvent originaires de régions éloignées, était rythmée par des conditions strictes : hébergement obligatoire sur place, douches collectives dans la cour, et travail sous verrière. Ce modèle reflétait les migrations féminines liées à l’industrie textile rhônalpine, où les manufactures comme Girodon jouaient un rôle clé dans l’économie locale. Aujourd’hui, le site, propriété privée, ne se visite qu’exceptionnellement, comme lors d’une ouverture guidée en juillet 2024.
Architecturalement, l’usine se distingue par sa verrière à charpente métallique, ses façades en brique et terre crue, et son organisation horizontale et verticale. Le pensionnat, avec son avant-corps central et son fronton triangulaire, symbolisait la hiérarchie sociale (logements séparés pour la direction). Les sources historiques, comme les travaux de Raymond Moyroux ou Abel Chatelain, soulignent son importance dans l’étude des usines-internats et du travail féminin au XIXe siècle.