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Ancien sanatorium Villemin à Angicourt dans l'Oise

Oise

Ancien sanatorium Villemin

    86 La Faloise
    60940 Angicourt
Crédit photo : Historialis6 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1890
Projet lancé par l'AP-HP
1900
Inauguration du pavillon Letulle
1914-1918
Réquisition pendant la Grande Guerre
1924
Construction du pavillon Varenne
1944
Rafle de patients juifs
1965
Transformation en centre gériatrique
2000
Fermeture définitive
2024
Inscription aux Monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les parties suivantes de l’ancien sanatorium Villemin : les deux pavillons des malades Letulle et Varenne, le réfectoire central et les galeries reliant l’ensemble de ces bâtiments, le tout façades et toitures, et figurant au cadastre, section D, parcelle 714, tel que délimité sur le plan annexé à l’arrêté : inscription par arrêté du 4 novembre 2024

Personnages clés

Ernest Peyron - Médecin, directeur de l'AP-HP Initiateur du projet en 1890.
Henri Belouet - Architecte de l'AP-HP Concepteur du plan initial (1894-1900).
Georges Küss - Médecin phtisiologue Inventeur du pneumothorax artificiel (1910).
Louis Masson - Architecte Auteur du pavillon Varenne (1924).
Edgar Lobgeois - Employé de l’hôpital, Juste Aida des patients juifs en 1944.
Jean-Antoine Villemin - Médecin militaire Démonstra la contagiosité de la tuberculose.

Origine et histoire

L’ancien sanatorium Villemin, situé à Angicourt (Oise), fut le premier sanatorium public français dédié aux populations pauvres atteintes de tuberculose, surnommée la « peste blanche ». En 1890, l’Assistance publique de Paris, dirigée par le docteur Ernest Peyron, lance le projet pour isoler les malades et éviter les contagions urbaines. L’architecte Henri Belouet conçoit un ensemble pavillonnaire en U, ouvert au sud, avec galeries de cure et parc arboré, inspiré des modèles allemands mais adapté au système de santé français. Le site, inauguré en 1900 avec le pavillon Letulle, devient un laboratoire médical et architectural, où le docteur Georges Küss expérimente des traitements comme le pneumothorax artificiel.

Pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), le sanatorium est réquisitionné pour accueillir les blessés, interrompuant son activité antituberculeuse. En 1924, un second pavillon, Varenne, est construit par l’architecte Louis Masson, doublant la capacité d’accueil. Les années 1920-1930 marquent l’apogée du site, avec des activités thérapeutiques (jeux, bibliothèque, radio-club) et une organisation sociale innovante pour les patients. Après 1945, le déclin de la tuberculose transforme le sanatorium en centre gériatrique (1965), puis sa fermeture définitive intervient en 2000, laissant un site de 35 hectares à l’abandon, malgré son inscription partielle aux Monuments historiques en 2024.

Le sanatorium Villemin illustre l’évolution des politiques de santé publique, passant d’un modèle sanatorial isolé à une intégration dans le réseau hospitalier moderne. Son architecture, préservée malgré les dégradations, témoigne des débats médicaux du début du XXe siècle sur la cure d’air et l’hygiénisme. Aujourd’hui, le projet « La Source Angicourt » (2024) prévoit sa reconversion en complexe hôtelier et résidentiel, mêlant patrimoine historique et usages contemporains.

L’histoire du site est aussi marquée par des épisodes sombres, comme la rafle de patients juifs par la Gestapo en 1944, où des membres du personnel, dont le Juste Edgar Lobgeois, aidèrent des malades à s’échapper. Ces événements rappellent le rôle ambigu des établissements médicaux pendant l’Occupation. Après 1965, la fusion avec l’hôpital Paul-Doumer voisin scelle son déclin progressif, accéléré par les coûts d’entretien et la désaffection médicale.

En 2019, un incendie partiel endommage la toiture, tandis que l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) cherche à céder le site, dont la charge annuelle dépasse 500 000 €. Les projets de réhabilitation (Service National Universel, base olympique) échouent avant son rachat en 2024 par Linkcity. Le sanatorium reste un symbole de l’innovation médicale et des défis de la préservation du patrimoine hospitalier.

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