Origine et histoire du Fort
Le fort de Douaumont, situé à Douaumont-Vaux (Meuse), est un ouvrage militaire conçu dans le cadre du système défensif Séré de Rivières après la guerre franco-allemande de 1870. Construit entre 1884 et 1886, puis modernisé jusqu’en 1913, il fait partie des 19 forts protégeant Verdun, avec une garnison pouvant atteindre 891 hommes. Son architecture hexagonale, ses fossés secs et ses tourelles d’artillerie en font un exemple typique des fortifications de l’époque, combinant maçonnerie et béton armé pour résister aux obus modernes.
Pendant la Première Guerre mondiale, le fort joue un rôle central lors de la bataille de Verdun en 1916. Pris par les Allemands le 25 février après un assaut surprise, il est repris par les Français le 24 octobre lors d’une offensive menée par le Régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc (RICM). Les combats autour du fort, soumis à près de 120 000 obus, en font un symbole de la résistance et des souffrances des deux camps. Les ruines du fort, partiellement restaurées après-guerre, abritent aujourd’hui un cimetière allemand et des traces des violents affrontements.
Classé monument historique en 1970, le fort de Douaumont est désormais un site touristique majeur du champ de bataille de Verdun. Il attire des visiteurs pour son histoire militaire, ses galeries souterraines creusées pendant la guerre, et ses mémoriaux dédiés aux soldats français et allemands. Depuis 2023, il fait partie des sites funéraires de la Première Guerre mondiale inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, renforçant son statut de lieu de mémoire.
Le fort illustre aussi les évolutions technologiques militaires du début du XXe siècle, avec ses tourelles Galopin (canons de 155 mm éclipse) et ses casemates de Bourges. Après 1918, des travaux de consolidation sont entrepris, notamment la bétonnage partiel des galeries creusées en 1917. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est brièvement réutilisé en 1940 avant d’être abandonné. Aujourd’hui, sa gestion est confiée au Conseil départemental de la Meuse, qui en fait un lieu de commémoration et d’éducation sur l’histoire des conflits.
L’architecture du fort reflète les adaptations successives face aux progrès de l’artillerie. Initialement conçu en maçonnerie, il est renforcé par du béton entre 1887 et 1913 pour résister aux obus-torpilles. Ses fossés, ses caponnières remplacées par des coffres de contrescarpe, et ses tourelles blindées témoignent de cette évolution. Les Allemands, pendant leur occupation en 1916, y installent des groupes électrogènes et améliorent les conditions de vie, tandis que les Français y creusent des galeries souterraines pour se protéger des bombardements.
Le fort de Douaumont est aussi un lieu de mémoire funéraire. En mai 1916, une explosion accidentelle dans un dépôt de grenades tue près de 800 soldats allemands, enterrés dans des casemates murées. Une plaque commémore également sept soldats français tués en 1916 par un obus. Ces éléments, associés aux vestiges des combats, en font un site à la fois historique et mémoriel, visité chaque année par des milliers de personnes.