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Fort de Liouville à Apremont-la-Forêt dans la Meuse

Patrimoine classé Vestiges de la Guerre 14-18 Patrimoine défensif Fort

Fort de Liouville

  • Le Bourg
  • 55300 Apremont-la-Forêt
Fort de Liouville
Fort de Liouville
55300 Apremont-la-Forêt, Le Bourg

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1800
1900
2000
23-30 septembre 1914
Bombardements allemands
1875
Début du système Séré de Rivières
1876-1878
Construction du fort
1881
Ajout de la tourelle Mougin
21 janvier 1887
Renommage par Boulanger
1918
Soutien aux troupes américaines
1988
Début de la restauration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Georges Boulanger - Ministre de la Guerre Renomme le fort en 1887.
Henri Christian Michel Stengel - Général de la Révolution Hommage éphémère via le *nom Boulanger*.
Jackie Bruneteau - Fondateur de l’association Restaure le fort, surnommé *Poilu de Liouville*.
Émile Driant (capitaine Danrit) - Écrivain et militaire Auteur de *La Guerre de Forteresse* (1892).

Origine et histoire du Fort de Liouville

Le fort de Liouville, initialement nommé fort Stengel, fait partie du réseau de fortifications Séré de Rivières, conçu à partir de 1875 pour renforcer la défense des Hauts de Meuse entre Verdun et Toul. Sa construction s’étale de 1876 à 1878, avec des améliorations successives : ajout d’une tourelle Mougin en 1881, creusement de magasins à poudre en 1890, et renforcement des cuirassements entre 1904 et 1910. Ce fort illustre l’évolution des techniques militaires de la fin du XIXe siècle, adaptées aux progrès de l’artillerie.

En 1887, le ministre de la Guerre Georges Boulanger renomme temporairement le fort en hommage au général Stengel, un chef militaire de la Révolution. Ce nom, gravé sur le fronton, est cependant abrogé quelques mois plus tard par son successeur, Théophile Ferron. Malgré cela, l’inscription subsiste, témoignant de cette brève période de rebaptisation politique.

Pendant la Première Guerre mondiale, le fort subit de lourds bombardements allemands à partir de septembre 1914, avec des obus de 21 et 30,5 cm. Une tourelle de 155 mm est endommagée le 27 septembre, conduisant à son évacuation trois jours plus tard. Bien que rendu inopérant, il sert de poste d’observation jusqu’en 1918, où sa tourelle intacte soutient les troupes américaines lors de la reprise du saillant de Saint-Mihiel.

Après la guerre, le fort tombe en désuétude jusqu’à ce que l’Association pour la Sauvegarde du Fort de Liouville, fondée en 1988 par Jackie Bruneteau, entreprenne sa restauration. Surnommé le Poilu de Liouville pour son engagement à vivre comme les soldats de 1914-1918, Bruneteau consacre quatre ans à dégager les vestiges, sans eau ni électricité. Son travail permet de faire redécouvrir ce lieu chargé d’histoire, avant son décès en 1992.

Le fort est également lié à la littérature : Émile Driant, alias le capitaine Danrit, y séjourne en 1880 pour des relevés topographiques. Il en tire l’inspiration pour son roman La Guerre de Forteresse (1892), première partie de La Guerre de Demain, où il décrit les plans du fort qu’il avait lui-même dessinés.

Liens externes

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