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Forteresse du mont Touleur dans la Nièvre

Forteresse du mont Touleur

  • Route Sans Nom
  • 58370 Larochemillay
Route Sans Nom, 58370 Larochemillay, France

Frise chronologique

Néolithique
Âge du Bronze
Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Époque contemporaine
4100 av. J.-C.
4000 av. J.-C.
0
1200
1300
1400
2000
Néolithique
Premières occupations humaines
XIe-XIIe siècle
Construction de la forteresse
1474
Destruction par le comte de Roussy
2017
Fouilles archéologiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Comte de Roussy - Maréchal de Bourgogne Aura rasé la forteresse en 1474.
Jacques-François Baudiau - Historien local (XIXe siècle) Cite un manuscrit sur sa destruction.
Valentin Chevassu - Archéologue (2017-2018) Dirige les fouilles et datations.

Origine et histoire

Le mont Touleur, culminant à 581 mètres dans le Morvan (Nièvre), abrite les ruines d’une forteresse médiévale construite entre le XIe et XIIe siècle. Destruite au XVe siècle, probablement en 1474 par le comte de Roussy, elle faisait partie d’un réseau de châteaux de hauteur ceinturant la région. Ses murs épais, en pierre et mortier dur, encadrent une salle centrale dont les vestiges atteignent 6 mètres. Le site, occupé dès le Néolithique, surplombe un accès stratégique vers l’oppidum éduen de Bibracte, sur le mont Beuvray voisin.

Les fouilles de 2017 ont révélé des traces d’occupation médiévale (mobilier céramique des XIe-XIIe siècles) et protohistorique (tessons de La Tène). Les sondages ont aussi mis au jour des enceintes néolithiques ou protohistoriques, ainsi qu’une aire de gâchage de mortier. Aucune archive ne mentionne le site, mais les érudits locaux évoquent des occupations antiques. La carte de Cassini (XVIIIe siècle) y signale un élément non identifié, soulignant son mystère historique.

La forteresse, typique des défenses de hauteur du Morvan, utilisait le relief comme protection principale. Comme ses homologues (Roussillon, Glenne), elle fut abandonnée après la guerre de Cent Ans, au profit de bourgs centralisés. Aujourd’hui, ses ruines, non protégées et envahies par la végétation, restent visibles depuis le sommet, offrant un panorama exceptionnel sur la vallée et le mont Beuvray. Une légende locale y place une wivre gardienne de trésors, liée au dimanche des Rameaux.

Le mont Touleur, boisé et d’origine volcanique, est intégré au site Natura 2000 « Bocage, forêts et milieux humides du Sud Morvan ». Un sentier de randonnée de 13,5 km, classé difficile, permet d’en faire le tour sans atteindre le sommet, réservé aux détours depuis le GR 13. Les fossés et amas de moellons en contrebas témoignent d’aménagements défensifs complémentaires, aujourd’hui en péril.

L’architecture de la forteresse, rectangulaire (21x13 m), intègre la roche taillée dans ses murs de 1,80 m d’épaisseur. La salle centrale, entourée de parois prolongées vers le nord, suggère une fonction à la fois résidentielle et stratégique. Les datations au carbone 14 (2017) confirment une construction unique au XIIe siècle, tandis que des charbons de bois dans le mortier remontent à 1045-1095. Ces éléments en font un témoin clé de l’occupation médiévale du Morvan.

La destruction systématique des forteresses de hauteur au XVe siècle, comme celle de Touleur, marque la fin d’un système défensif basé sur l’isolement. Le pouvoir seigneurial se recentre alors sur les bourgs, plus adaptés à une époque post-guerre de Cent Ans. Les ruines, bien que menacées, rappellent ce tournant historique, tandis que le site conserve une valeur archéologique majeure, des silex néolithiques aux vestiges médiévaux.

Liens externes

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