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Forteresse du Mont-Valérien dans les Hauts-de-Seine

Forteresse du Mont-Valérien

    1 Avenue du Colonel Hubert Delestree
    92150 Suresnes

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1840–1846
Construction de la forteresse
13 octobre 1870
Bombardement du château de Saint-Cloud
1882
Explosion de la cartoucherie
1941–1944
Exécutions massives par les nazis
18 juin 1960
Inauguration du mémorial
2003
Inauguration du monument aux fusillés
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Adolphe Thiers - Homme politique Initiateur des fortifications de Paris.
Gustave Ferrié - Général Directeur de l’École de télégraphie militaire.
Charles de Gaulle - Général puis président Inaugure le mémorial en 1960.
Missak Manouchian - Résistant (groupe FTP-MOI) Fusillé en 1944, entré au Panthéon en 2024.
Gabriel Péri - Journaliste et résistant Fusillé en 1941 parmi 70 otages.
Pascal Convert - Sculpteur Auteur du monument aux fusillés (2003).

Origine et histoire

La forteresse du Mont-Valérien est un édifice militaire pentagonal construit entre 1840 et 1846 sur une colline culminant à 161 mètres, située à Suresnes (Hauts-de-Seine), à deux kilomètres à l’ouest de Paris. Elle fait partie des seize forts érigés autour de la capitale sous l’impulsion d’Adolphe Thiers, dans le cadre de la loi de 1841 sur les fortifications. Le site, autrefois occupé par des ermites et un calvaire religieux dès le Bas Moyen Âge, devient un lieu stratégique après la destruction des édifices religieux sous la Monarchie de Juillet.

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, la forteresse joue un rôle clé : ses canons, dont le célèbre La Valérie (24 tonnes, boulets de 100 kg), bombardent les positions allemandes. Occupée par les Prussiens en 1871, elle est ensuite utilisée par les Versaillais pour réprimer la Commune de Paris. En 1882, une explosion dans sa cartoucherie cause la mort de 17 personnes, majoritairement des ouvrières. À partir de 1884, le site accueille l’École de télégraphie militaire, précurseur du 8e régiment de transmissions.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la forteresse devient un lieu d’exécution massif : plus de 1 000 résistants et otages, dont Gabriel Péri, Missak Manouchian et les membres du réseau du Musée de l’Homme, y sont fusillés par les Allemands entre 1941 et 1944. Leurs corps, dispersés dans les cimetières parisiens, sont commémorés par le mémorial de la France combattante, inauguré par le général de Gaulle en 1960. La chapelle du château de Forbin-Janson, où les condamnés attendaient leur exécution, conserve leurs graffitis.

Aujourd’hui, le Mont-Valérien abrite la Direction interarmées des réseaux d’infrastructures (DIRISI IDF/8e RT), un musée des transmissions, et un circuit mémoriel retraçant le parcours des fusillés. Le site, toujours militaire, accueille également des cérémonies officielles, comme l’hommage à Missak Manouchian en 2024 avant son entrée au Panthéon. Un monument de Pascal Convert, inauguré en 2003, liste les 1 008 noms identifiés des victimes.

Architecturalement, la forteresse combine des éléments historiques préservés : la crypte (XVIIe ou XIXe siècle), le bâtiment de 1812 (musée), le château de Forbin-Janson (mess des officiers), et une chapelle désaffectée. Le colombier militaire national et des sculptures contemporaines (comme Le Vent de Robert Couturier) y sont également installés. Le supercalculateur ASGARD, dédié à l’intelligence artificielle de Défense, y a été implanté en 2025.

Liens externes