Origine et histoire
Le fortin du Restefond, aussi appelé casernement du Restefond, est une installation militaire édifiée à 2 558 mètres d’altitude, à proximité du faux col de Restefond, sur la commune de Jausiers (Alpes-de-Haute-Provence). Antérieur aux ouvrages de la ligne Maginot, il fut utilisé comme appui logistique lors des combats de juin 1940 dans les Alpes, notamment pendant la bataille des Alpes. Son rôle fut crucial pour les troupes stationnées dans ce secteur montagneux et stratégique.
La construction du fortin débuta en 1901 sous l’impulsion du génie militaire, avec l’aide de chasseurs à pied et du 4e régiment du génie. Achevé en 1906, il se compose de quatre bâtiments : trois casernements en U pour trois compagnies, dotés de créneaux de tir et de bastionnets, ainsi qu’un corps de garde carré près de l’entrée. Un four à pain et des magasins complétaient les installations. Ce fortin défensif reflétait les préoccupations militaires de l’époque, axées sur la protection des cols alpins.
Entre 1912 et 1913, le site s’étendit avec l’ajout d’un pavillon pour officiers (détruit en 2003), d’une cuisine, d’une infirmerie et de quatre écuries. Certaines écuries, réaménagées, furent réutilisées jusqu’à récemment par l’armée. À partir de 1931, avec la construction des ouvrages Maginot dans le secteur, le fortin devint un centre névralgique : un téléphérique de six kilomètres fut installé pour acheminer matériel et troupes, et des baraquements en bois furent érigés aux alentours, comme le poste de la Cabane Noire.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, en juin 1940, le fortin servit de poste de commandement au lieutenant-colonel Soyer, responsable du sous-secteur de Jausiers. Il abritait aussi la main-d’œuvre militaire chargée de construire les fortifications voisines. Après-guerre, le site fut progressivement abandonné, à l’exception des écuries utilisées par le Centre d’instruction au combat en montagne (CIECM) jusqu’à sa dissolution en 2009. Aujourd’hui, la plupart des bâtiments, laissés à l’abandon, se dégradent, tandis que des vestiges d’équipements militaires (cloches GFM, plates-formes) subsistent sur place.
Les ouvrages alentour, comme celui du col de Restefond, n’ayant pas été achevés en 1940, certains éléments (trémies pour mortiers, cloches) sont encore visibles. Ces traces matérielles témoignent de l’importance stratégique du site, à la fois comme casernement et comme base arrière pendant les conflits du XXe siècle. L’état actuel du fortin, bien que précaire, en fait un vestige emblématique de l’histoire militaire alpine.