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Four à chaux

Four à chaux

    89 Rue du Lagon
    97436 Saint-Leu
Crédit photo : Thierry Caro - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1886
Démembrement de la propriété sucrière du Cap
1953
Rachat par Pierre Méralikan
1994
Arrêt définitif de l'activité
29 mars 1996
Inscription aux Monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Four à chaux (cad. CU 39) : inscription par arrêté du 29 mars 1996

Personnages clés

Monsieur Deltel - Ancien propriétaire Premier détenteur de l'usine au XIXe.
Monsieur Begue - Propriétaire du terrain Terrain d'implantation du four.
Raphaël Méralikan - Propriétaire dans les années 1950 Acheteur avant cession à son frère.
Pierre Méralikan - Dernier entrepreneur (1953-1994) Relance et entretien du four.

Origine et histoire

Le four à chaux Méralikan, situé à Saint-Leu sur l'île de La Réunion, date de la seconde moitié du XIXe siècle. Il fait partie des fours de deuxième génération, fonctionnant en continu grâce à un système d'alimentation innovant pour l'époque. Construit en basalte et moellons, il servait à transformer le corail en chaux, un matériau essentiel pour les constructions locales, notamment les ponts, églises et bâtiments administratifs. Ce four est issu du démembrement de la propriété sucrière du Cap en 1886, marquant la transition de la production de chaux des mains des établissements sucriers vers des artisans spécialisés, appelés chaufournier.

À l'origine, le four appartenait à Monsieur Deltel, puis fut installé sur un terrain de Monsieur Begue. Dans les années 1950, Raphaël Méralikan en devint propriétaire avant de le céder à son frère, Pierre Méralikan, en 1953. Ce dernier relança la production de chaux et entretit méticuleusement le site jusqu'en 1994, année où l'usine cessa définitivement son activité. Le four, dernier en fonctionnement sur l'île, fut inscrit aux Monuments historiques en 1996 pour son rôle clé dans le patrimoine industriel et architectural réunionnais.

La chaux, produite à partir de coraux calcinés, joua un rôle majeur dans le développement de La Réunion. Dès le XVIIe siècle, elle servait à la construction de mortier, à l'inhumation des défunts lors d'épidémies, et même à des usages médicaux. Au XIXe siècle, elle devint indispensable aux grands travaux, comme le chemin de fer réunionnais (1872-1886) ou les ponts emblématiques de Saint-Leu, tels que le pont des Colimaçons ou le viaduc de la Petite Ravine. Son utilisation s'étendait aussi aux églises, entrepôts (comme l'actuel Hôtel des postes), et aux enceintes de cimetières, symbolisant son ancrage dans le paysage et la culture locale.

Le four Méralikan se distingue par sa structure massive en pierre volcanique, avec une rampe d'accès permettant de charger alternativement des couches de corail et de bois. La cuisson s'effectuait par deux baies à la base, d'où la chaux était extraite manuellement après extinction et broyage. Ce procédé artisanal, combiné à son histoire familiale, en fait un témoignage unique de l'évolution technique et économique de La Réunion, liée à l'exploitation des ressources naturelles et à la construction d'infrastructures durables.

Liens externes

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