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Thermes Fraxine à Ornolac-Ussat-les-Bains dans l'Ariège

Thermes Fraxine

    56 Les Bains
    09400 Ornolac-Ussat-les-Bains
Propriété d'une société privée
Crédit photo : Pascale09 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XVe siècle
Première mention des sources
1787
Don aux hospices de Pamiers
1821
Plan de l’ancien établissement
1845-1855
Reconstruction néo-classique
1855
Achèvement des décors
1991
Inscription Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Grande galerie (cad. B 598) : inscription par arrêté du 10 avril 1991

Personnages clés

Louis de Fraxine - Baron d’Ornolac et donateur Cède les thermes en 1787.
Jules François - Ingénieur des mines Conçoit les galeries souterraines en 1838.
Casimir Durrieux - Architecte maître d’œuvre Dirige la reconstruction (1845-1855).
Frères Virebent - Céramistes toulousains Réalisent frise et bas-reliefs en 1855.

Origine et histoire

Les Thermes Fraxine trouvent leur origine dans les sources thermales connues depuis le XVe siècle à Ornolac-Ussat-les-Bains. En 1787, Louis de Fraxine, baron d’Ornolac, fait don des installations sommaires (fosses creusées dans le sol et baignoires rudimentaires) aux hospices de Pamiers. Ces premiers aménagements, décrits comme inconfortables et exposés aux inondations de l’Ariège, comprenaient six bains et deux fontaines, regroupés dans des bâtiments désalignés.

Au milieu du XIXe siècle, la station connaît un essor majeur avec la construction d’un nouvel établissement entre 1845 et 1855. L’ingénieur Jules François et l’architecte Casimir Durrieux conçoivent un bâtiment néo-classique de 99 mètres de long, doté d’une galerie à 34 arcades doriques et de deux pavillons latéraux. Les travaux incluent des galeries souterraines pour canaliser les eaux thermales (températures variant de 31°C à 37°C) et éviter leur mélange avec les eaux froides de l’Ariège. La façade est ornée de bas-reliefs en céramique (putti jouant avec des guirlandes) et d’une frise végétale, réalisés par les frères Virebent de Toulouse en 1855.

L’intérieur abrite quarante cabines de bains équipées de baignoires en marbre de Carrare (aujourd’hui disparues), éclairées par des jours naturels au-dessus des portes. Les décors intérieurs, peints en rouge pâle, comprennent des chambranles moulurés et des culots ornés. La galerie, initialement ouverte, est vitrée au XXe siècle. Le bâtiment administratif, construit en 1855 de l’autre côté de l’avenue, est transformé en résidence à la fin du XXe siècle. L’ensemble, inscrit aux Monuments Historiques en 1991, témoigne de l’évolution des pratiques balnéaires et de l’architecture thermale humanitaire.

Les sources thermales, exploitées depuis le XVIIIe siècle, étaient initialement aménagées de manière précaire. Un plan de 1821 révèle un bâtiment abritant une vingtaine de baignoires, probablement une juxtaposition de petits édifices accolés. Le projet de reconstruction de 1845, approuvé par l’hospice de Pamiers (propriétaire depuis 1787), intègre un péristyle monumental et des fondations renforcées pour stabiliser l’édifice près de la montagne. Les coûts des décors (1 080 francs pour les céramiques, 70 francs pour les fresques) sont couverts par une subvention étatique de 5 000 francs.

Au XXe siècle, la modernisation se limite à la fermeture vitrée de la galerie et à la disparition des volutes en terre cuite surmontant les portes. Les baignoires de marbre, décrites comme innovantes en 1869 avec leur système de douches, ont été retirées. Aujourd’hui, les Thermes Fraxine, propriété privée, conservent leur structure néo-classique et leur vocation thermale, bien que les aménagements intérieurs aient évolué.

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