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Ensemble gallo-romain dénommé La motte de Condras à Neung-sur-Beuvron dans le Loir-et-Cher

Patrimoine classé
Vestiges Gallo-romain
Loir-et-Cher

Ensemble gallo-romain dénommé La motte de Condras

    180 Les Prés du Bourg
    41210 Neung-sur-Beuvron
Ensemble gallo-romain dénommé La motte de Condras
Ensemble gallo-romain dénommé La motte de Condras
Ensemble gallo-romain dénommé La motte de Condras
Ensemble gallo-romain dénommé La motte de Condras
Ensemble gallo-romain dénommé La motte de Condras
Crédit photo : Arcyon37 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
200
300
400
500
1900
2000
Fin Ier - Début IIe siècle
Construction du théâtre
IIe siècle (ap. 150)
Apogée du théâtre
IIIe siècle
Déclin du monument
IVe siècle
Réoccupation partielle
1974
Redécouverte du site
19 décembre 1979
Inscription monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ensemble monumental gallo-romain dénommé La motte de Condras (cad. F 189, 192, 194, 195, 196) : inscription par arrêté du 19 décembre 1979

Personnages clés

Jules César - Général et auteur romain Mentionne *Noviodunum* dans ses *Commentaires*.
Henri Delétang - Archéologue Dirige les fouilles et identifie le théâtre (1976).
Louis de La Saussaye - Érudit du XIXe siècle Premières mentions du site (1833, interprété comme château).

Origine et histoire

L’ensemble gallo-romain de La Motte de Condras, situé à Neung-sur-Beuvron dans le Loir-et-Cher, est un sanctuaire rural daté de la fin du Ier ou du début du IIe siècle. Il comprend un théâtre antique de 100 m de diamètre, capable d’accueillir environ 7 000 spectateurs, ainsi qu’un ou plusieurs temples et une source, peut-être considérée comme guérisseuse. Le site se trouve à 2,5 km au sud de l’agglomération secondaire antique de Noviodunum (mentionnée par Jules César), près de la limite territoriale entre les Carnutes et les Bituriges Cubes. Le théâtre, orienté vers l’est-nord-est pour éviter l’exposition directe au soleil, est construit sur un sol humide, avec des maçonneries en petit appareil de calcaire de Beauce et des superstructures en bois aujourd’hui disparues.

Le monument est fréquenté intensément au IIe siècle, notamment après 150, comme en témoignent les déchets retrouvés dans les couloirs. Son déclin commence au IIIe siècle, et au IVe siècle, l’un de ses vomitoires est réaménagé en abri temporaire. Après son abandon, le théâtre sert de carrière de matériaux dès le Haut Moyen Âge, ses pierres étant réutilisées pour les constructions locales. Les vestiges, enfouis sous une butte sableuse, ne sont redécouverts qu’en 1974 grâce à des fouilles archéologiques dirigées par Henri Delétang, après des siècles d’interprétations erronées (motte castrale ou château fort). Le site est inscrit aux monuments historiques en 1979, mais ses structures restent aujourd’hui protégées sous terre.

Avant la construction du théâtre, le site abritait une occupation gauloise attestée par des potins, des céramiques et une lingotière, suggérant un habitat permanent lié à Noviodunum, peut-être même un atelier monétaire. Les temples, antérieurs au théâtre (première moitié du Ier siècle), et la source sacrée en font un sanctuaire de frontière, typique des zones limitées entre civitates. Les techniques de construction mêlent maçonnerie basse et charpentes en bois, avec des matériaux locaux (sable de Sologne, calcaire de Beauce) et des briques spécialement fabriquées. L’hydromorphie du sol, initialement maîtrisée, a finalement contribué à l’enfouissement progressif des vestiges.

La redécouverte du site au XIXe siècle est marquée par des interprétations fantaisistes : en 1833, Louis de La Saussaye y voit un « ancien château fort », tandis qu’en 1865, Jules Delaune évoque une « tombelle en demi-lune ». Ce n’est qu’en 1974, lors de prélèvements mécaniques, que les structures maçonnées sont identifiées. Les fouilles de 1976-1977, combinées à des photographies aériennes, permettent de reconstituer le plan du théâtre et son environnement. Malgré son inscription au titre des monuments historiques, le site n’est pas accessible au public, ses vestiges ayant été ré-enfouis pour les préserver. Quelques artefacts sont exposés en mairie ou au musée de Blois, témoignant de son importance régionale.

Liens externes