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Grande Forge à Chailland en Mayenne

Grande Forge

    187 La Forge
    53420 Chailland
Propriété privée
Grande Forge
Grande Forge
Grande Forge
Grande Forge
Grande Forge
Grande Forge
Grande Forge
Grande Forge
Crédit photo : Fab5669 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1550
Fondation de la forge
1657
Achat par Mazarin
1794
Réquisition révolutionnaire
1834
Rachat par Chavagnac
1863
Fermeture définitive
1992
Inscription MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Bâtiments et vestiges suivants : île (AL 20) , façades et toitures de la charpenterie (AL 22) , jardin (AL 23) , logements ouvriers (AL 24, 25) , haut-fourneau (AL 284) , sol de l'ancienne forge (AL 226) , façades et toitures de la maison de maître de forge (AL 232) (cad. AL 20, 22 à 25, 226, 232, 284) : inscription par arrêté du 23 juillet 1992

Personnages clés

François de Lorraine - Seigneur de Mayenne Fonda la forge en 1550.
Cardinal Jules Mazarin - Propriétaire en 1657 Intégra la forge au duché.
Henri de Chavagnac - Marquis et acquéreur Acheta le site en 1834.
Michel-René Maupetit - Savant pendant la Terreur Étudia géologie sur place.
Léon-Auguste Ottin - Artiste verrier Peignit les vitraux en 1878.

Origine et histoire

La Grande Forge de Chailland, située à 2 km au nord-ouest du bourg, en bordure de la forêt de Mayenne, fut fondée en 1550 par François de Lorraine, seigneur de Mayenne. Ce site industriel, alimenté par le bois de la forêt et la force motrice de l'Ernée, transformait le minerai de fer extrait des hameaux voisins comme la Fleuradière ou Bourgneuf-la-Forêt. Dès 1560, son fer était réputé, attirant cloutiers et artisans.

Au XVIIe siècle, la forge produisait 800 000 livres de fer annuellement, incluant de la fonte. Acquise en 1657 par le cardinal Mazarin, elle devint une dépendance du duché de Mayenne. Les forges de Villeneuve et d'Andouillé lui furent rattachées, consolidant son importance économique. Pendant la Révolution, en 1794, le Comité de salut public la réquisitionna pour fondre des canons, mobilisant 500 ouvriers et 400 chevaux malgré les troubles.

Le déclin commença au XIXe siècle après son rachat en 1834 par Henri de Chavagnac. La concurrence britannique, accentuée par le traité de libre-échange, réduisit sa production de 600 à 400 tonnes en une décennie, menant à sa fermeture vers 1863. Aujourd’hui, il en reste des ruines, des logements ouvriers et le lit canalisé de la rivière. Le site, inscrit aux monuments historiques en 1992, témoigne de trois siècles d’activité métallurgique intense.

Le manoir d’Aubert, voisin de la forge, était un fief seigneurial mentionné dès 1409, incluant moulins, domaines et droits d’usage en forêt. La chapelle Saint-Jean-et-Sainte-Catherine, reconstruite au XVIIe siècle sous le nom de Saint-Charles, servait de lieu de culte et de réunion jusqu’au XIXe siècle. Ses vitraux, peints par Léon-Auguste Ottin en 1878, ornaient cet édifice roman.

Le château moderne, bâti près de l’emplacement du manoir d’Aubert, domine la vallée de l’Ernée et la lisière forestière. Pendant la Terreur, Michel-René Maupetit, réfugié sur place, y étudia la géologie et la météorologie, s’inspirant des rochers locaux comme ceux de la Fendrie. Ces paysages industriels et naturels ont marqué l’histoire économique et sociale de la Mayenne.

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