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Grands magasins de la Samaritaine à Paris 1er dans Paris

Grands magasins de la Samaritaine

    9 Rue de la Monnaie
    75001 Paris 1er Arrondissement
Propriété d'une société privée
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
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Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Grands magasins de la Samaritaine
Crédit photo : Photograph by Mike Peel (www.mikepeel.net). - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1870
Fondation par Ernest Cognacq
1900
Naissance des Grands Magasins
1905-1910
Construction du magasin 2 (Art nouveau)
1928
Inauguration de l’extension Art déco
1990
Inscription aux Monuments historiques
2005
Fermeture pour travaux
2014
Destruction de la façade rue de Rivoli
23 juin 2021
Réouverture après 16 ans
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Magasin n° 2 ; façades et toitures du magasin n° 3 (cad. 01 : 01 AK 31, 38) : inscription par arrêté du 25 juillet 1990

Personnages clés

Ernest Cognacq - Fondateur Ancien vendeur, créateur du magasin en 1870.
Marie-Louise Jaÿ - Co-dirigeante et épouse Ex-vendeuse du Bon Marché, partenaire stratégique.
Frantz Jourdain - Architecte principal Auteur des bâtiments Art nouveau (1905-1910).
Henri Sauvage - Architecte Art déco Conçoit les extensions des années 1920-1930.
Bernard Arnault - Président de LVMH Porteur du projet de réouverture en 2021.
Gabriel Cognacq - Petit-neveu et successeur Dirige le magasin après 1928 avec Georges Renand.

Origine et histoire

La Samaritaine naît en 1870 quand Ernest Cognacq, ancien vendeur ambulant, loue une salle annexe près du pont Neuf pour y ouvrir un commerce de nouveautés. Son mariage en 1872 avec Marie-Louise Jaÿ, ex-vendeuse du Bon Marché, marque un tournant : le couple modernise la gestion (rayons autonomes inspirés d’Aristide Boucicaut) et agrandit le magasin par acquisitions successives. En 1900, le petit commerce devient les Grands Magasins de la Samaritaine, s’étendant sur plusieurs pâtés de maisons grâce à l’architecte Frantz Jourdain, qui impose un style Art nouveau flamboyant (laves émaillées, verrières, coupoles polychromes).

Le magasin se distingue par son architecture révolutionnaire : planchers en dalles de verre posées sur des poutres métalliques, permettant une hauteur sous plafond maximale et une luminosité optimale. Entre 1905 et 1910, le magasin 2 est entièrement reconstruit dans ce style, avec des rotondes et des décors signés Eugène Grasset ou Alexandre Bigot. Cependant, les Parisiens critiquent son esthétique jugée tapageuse. Après 1910, Henri Sauvage prend le relais pour les extensions (notamment le magasin 3 en 1930), adoptant un style Art déco plus sobre, avec des façades en pierre rosée et des gradins en hauteur.

La Samaritaine connaît son apogée dans les années 1960, devenant le plus grand magasin parisien (48 000 m2) avec son slogan culte « On trouve tout à la Samaritaine ». Ses publicités, mettant en scène la reine Élisabeth II ou King Kong, marquent la culture populaire. Pourtant, dès les années 1970, le déclin s’amorce : fermeture de la Samaritaine de luxe en 1986, réduction des surfaces, et cession au groupe LVMH en 2001. Le magasin ferme définitivement en 2005 pour des raisons de sécurité et de rentabilité, malgré son inscription partielle aux Monuments historiques en 1990.

La réouverture en 2021, après 16 ans de travaux et 750 millions d’euros d’investissement, transforme radicalement les lieux. Le projet, controversé, voit la destruction de la façade historique rue de Rivoli (malgré des recours juridiques) au profit d’une structure contemporaine en verre ondulé signée SANAA. L’offre commerciale se recentre sur le luxe, la beauté et la restauration, avec une séparation nette entre la clientèle touristique (côté Seine) et locale (côté Rivoli). Le site intègre aussi un hôtel cinq étoiles Cheval Blanc, des logements sociaux, et une crèche, s’inscrivant dans la rénovation globale du quartier (Canopée des Halles, Bourse de commerce).

L’histoire de la Samaritaine est aussi celle de ses conflits patrimoniaux. Les associations (SPPEF, SOS Paris) ont lutté contre la destruction d’immeubles du XVIIe siècle et de la façade de 1852, obtenant temporairement l’annulation du permis de construire en 2014. Le Conseil d’État a finalement validé le projet LVMH en 2015, sacrifiant une partie du patrimoine au nom de la modernisation. Aujourd’hui, le magasin conserve des traces de son passé (escalier doré à 16 000 feuilles d’or, laves émaillées restaurées), mais son âme populaire et ses rayons historiques (quincaillerie, oisellerie) ont disparu.

Le nom Samaritaine puise son origine dans une pompe à eau du pont Neuf, construite sous Henri IV et décorée d’une scène biblique (la Samaritaine au puits de Jacob). Ernest Cognacq, qui débuta comme marchand ambulant près de cette pompe (détruite en 1813), en fit l’enseigne de son empire commercial. Symbole du Paris haussmannien et des Trente Glorieuses, la Samaritaine illustre aussi les tensions entre préservation et innovation, entre mémoire collective et logiques économiques contemporaines.

Liens externes