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Grange dîmière de Daubeuf-la-Campagne dans l'Eure

Patrimoine classé
Patrimoine rural
Grange
Grange aux dîmes

Grange dîmière de Daubeuf-la-Campagne

    Rue de l'Église
    27110 Daubeuf-la-Campagne
Propriété privée
Grange dîmière de Daubeuf-la-Campagne
Grange dîmière de Daubeuf-la-Campagne
Crédit photo : Paubry76 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1700
1800
1900
2000
XIIe siècle
Construction initiale
XIVe siècle (1319-1339)
Agrandissement sous Jean-Marc d'Argent
1718
Reprise de la charpente
1789
Vente comme Bien National
12 octobre 1948
Inscription aux Monuments historiques
2011
Restauration partielle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Grange dîmière : inscription par arrêté du 12 octobre 1948

Personnages clés

Jean-Marc d'Argent - Abbé de Saint-Ouen (1319-1339) Commanditaire de l'agrandissement au XIVe siècle.
François Calame - Maître charpentier (2011) Dirige la restauration de la charpente.
Florian Carpentier - Charpentier français (2011) Participe à la restauration moderne.
Axel Weller - Charpentier allemand (2011) Membre de l'équipe de restauration.

Origine et histoire

La grange dîmière de Daubeuf-la-Campagne est un bâtiment agricole construit au XIIe siècle, initialement intégré au manoir de Daubeuf, propriété de l'abbaye Saint-Ouen de Rouen. Elle servait à stocker les revenus issus des exploitations agricoles et des droits seigneuriaux perçus par les moines. Ce type de grange symbolisait le pouvoir économique des abbayes sur les terres environnantes, tout en jouant un rôle central dans la gestion des ressources locales.

Au XIVe siècle, sous l'abbatiat de Jean-Marc d'Argent (1319-1339), la grange est agrandie par l'ajout d'une seconde charpente, reflétant l'expansion des activités agricoles ou une volonté de modernisation. Les façades, en silex renforcé de chaînages de pierre, et les contreforts à glacis témoignent de techniques de construction adaptées aux matériaux locaux. À l'intérieur, trois nefs délimitées par des poteaux de chêne structurent l'espace, dont l'un, daté de 1718, suggère une reprise partielle de la charpente à cette époque.

Lors de la Révolution française, la grange et les bâtiments attenants sont vendus comme Biens Nationaux, marquant la fin de leur lien avec l'abbaye. Le monument est inscrit aux Monuments historiques en 1948 pour sa valeur patrimoniale. En 2011, une restauration partielle est menée par une équipe internationale de charpentiers, dirigée par François Calame, Florian Carpentier (France) et Axel Weller (Allemagne), mobilisant plus de 30 professionnels pour préserver ce témoignage de l'architecture rurale médiévale.

Le domaine inclut également une triple maison de maître, un cellier, des étables et d'anciens habitats de serfs, illustrant l'organisation sociale et économique d'un manoir seigneurial. La proximité de l'église Notre-Dame, dont un mur extérieur empiète sur la propriété, souligne l'imbrication des pouvoirs religieux et agricoles dans la gestion des terres. Aujourd'hui, la grange reste un exemple remarquable de l'héritage architectural lié aux abbayes normandes.

Liens externes