Fondation par Michel Leiritz 1712 (≈ 1712)
Mariage avec Rose Asselain, acquisition du domaine.
1749
Achat d'une charge anoblissante
Achat d'une charge anoblissante 1749 (≈ 1749)
Michel Leiritz devient Conseiller-secrétaire du Roi.
1788
Dévastation par un ouragan
Dévastation par un ouragan 1788 (≈ 1788)
Destruction partielle des infrastructures et cultures.
1848
Abolition de l'esclavage
Abolition de l'esclavage 1848 (≈ 1848)
Transition vers l’engagisme indien.
1902
Éruption de la montagne Pelée
Éruption de la montagne Pelée 1902 (≈ 1902)
Dégâts mineurs sur l’habitation.
2014
Classement Monument historique
Classement Monument historique 2014 (≈ 2014)
Protection des vestiges et du réseau hydraulique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
"L'Habitation, à savoir : pour la partie haute : l'ensemble du jardin, le bassin, la fontaine, la case à lessive, la maison et ses dépendances, le bâtiment dit " cases des gardes ", le réseau hydraulique ; pour la partie industrielle : l'aqueduc, le moulin et sa roue, les vestiges du bâtiment dit " four à chaux " avec sa cheminée et l'ensemble du sol de la parcelle D 1 : inscription par arrêté du 9 mai 2014"
Personnages clés
Michel Leiritz (1681–1764) - Fondateur de l’habitation
Secrétaire du roi, mari de Rose Asselain.
Michel Calixte Jacques de Leyritz (1759–?) - Propriétaire avant 1788
Témoin de l’ouragan dévastateur.
Rose Marie Louise de Leyritz (1803–1835) - Héritière et épouse d’Espinay Saint-Luc
Transmet le domaine à ses filles.
Louis Marraud des Grottes (1886–1965) - Géreur au XXe siècle
Gère la rhumerie pour Roger Marraud.
Guy de Fabrique Saint-Tours - Administrateur assassiné en 1948
Victime dans *l’affaire des 16*.
Origine et histoire
L’habitation Leyritz, située à Basse-Pointe en Martinique, est une ancienne plantation coloniale fondée au début du XVIIIe siècle par Michel Leiritz (1681–1764), un Bordelais secrétaire du roi. Issu d’un mariage avec Rose Asselain en 1712, le domaine s’étendait sur 20 hectares dédiés à l’indigo, exploités par une trentaine d’esclaves. Michel Leiritz, devenu syndic de Basse-Pointe et officier de milice, agrandit la propriété et acquiert en 1749 une charge anoblissante. À sa mort, son fils Michel Dominique (1722–1779) unifie la propriété, avant que son petit-fils, Michel Calixte Jacques, n’hérite d’un domaine de 497 hectares et 336 esclaves en 1791.
En 1788, un ouragan dévaste l’habitation, détruisant moulins, sucrerie, et cases d’esclaves. Malgré les dégâts, la production sucrière persiste jusqu’à l’abolition de l’esclavage en 1848, date à laquelle les propriétaires, dont les héritières d’Espinay Saint-Luc, recourent à des engagés indiens pour pallier le manque de main-d’œuvre. Au XIXe siècle, face à la crise sucrière, l’habitation se reconvertit en rhumerie, gérée par la famille Marraud des Grottes. En 1902, une éruption de la montagne Pelée endommage partiellement le site, sans interrompre la production de rhum.
Le XXe siècle marque un tournant avec la vente de l’habitation dans les années 1970 aux Lucy de Fossarieu, qui la transforment en hôtel-restaurant. Le site accueille en 1974 le sommet entre Valéry Giscard d’Estaing et Gerald Ford, avant d’être partiellement détruit par l’ouragan Dean en 2007. Classée Monument historique en 2014 pour ses vestiges (maison de maître, moulin, cases d’esclaves, réseau hydraulique), l’habitation Leyritz est aujourd’hui en cours de restauration, notamment sa rue des cases-nègres, soutenue par la Fondation du patrimoine depuis 2021.
L’architecture de l’habitation reflète son évolution : la maison des maîtres, construite en 1713 et agrandie vers 1830, allie influences antillaises (galeries, balcons en fer forgé) et métropolitaines (toit à la Mansart, jardin à la française). Le domaine, organisé autour d’une roue hydraulique centrale, sépare les zones industrielles (distillerie, anciennes cases d’esclaves) des espaces résidentiels (sucrerie transformée en restaurant). Les fontaines du XVIIIe siècle et les vestiges du four à chaux témoignent de son passé sucrier.
L’histoire sociale de Leyritz est marquée par des tensions, comme la révolte des esclaves contre le travail de nuit en 1845, réprimée par la gendarmerie. Après 1848, l’engagisme indien remplace l’esclavage, avant que le site ne devienne un symbole des luttes ouvrières avec l’affaire des 16 de Basse-Pointe en 1948 : 16 coupeurs de canne, accusés du meurtre d’un administrateur, furent emprisonnés trois ans avant leur acquittement. Ces événements illustrent les conflits liés à l’exploitation agricole en Martinique.
Aujourd’hui, l’habitation Leyritz incarne un patrimoine complexe, mêlant mémoire coloniale, architecture créole et enjeux de préservation. Son classement en 2014 couvre le jardin, la maison de maître, le moulin, et les cases d’esclaves, soulignant son rôle dans l’histoire économique et sociale de la Martinique. La restauration en cours vise à valoriser ce témoignage des habitations agricoles antillaises, entre héritage douloureux et reconversion touristique.
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