Acquisition du domaine de Grange-Blanche 1909 (≈ 1909)
Terrain de 15,5 hectares acheté pour 1 million de francs.
1911
Achèvement du projet par Tony Garnier
Achèvement du projet par Tony Garnier 1911 (≈ 1911)
Plan inspiré de la *Cité industrielle* avec 32 pavillons.
1913-1933
Construction de l’hôpital
Construction de l’hôpital 1913-1933 (≈ 1923)
Ralenti par la Première Guerre mondiale.
14 juillet 1933
Inauguration officielle
Inauguration officielle 14 juillet 1933 (≈ 1933)
1 544 lits répartis dans 22 pavillons de soins.
1935
Ouverture du centre anticancéreux
Ouverture du centre anticancéreux 1935 (≈ 1935)
Capacité portée à 1 723 lits.
1957
Création du Centre des grands brûlés
Création du Centre des grands brûlés 1957 (≈ 1957)
Dirigé par le professeur Jean Creyssel.
1966
Accueil des brûlés de Feyzin
Accueil des brûlés de Feyzin 1966 (≈ 1966)
30 victimes de l’explosion de la raffinerie.
1984
Première utilisation d’un lithotripteur
Première utilisation d’un lithotripteur 1984 (≈ 1984)
Appareil allemand pour traiter les calculs rénaux.
1998
Première allogreffe de la main
Première allogreffe de la main 1998 (≈ 1998)
Réalisée par le professeur Jean-Michel Dubernard.
2017
Ouverture du Centre des brûlés Pierre Colson
Ouverture du Centre des brûlés Pierre Colson 2017 (≈ 2017)
Fusion avec l’hôpital Saint-Joseph-Saint-Luc.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La chapelle (cad. C 252p) : inscription par arrêté du 13 décembre 1967 - Les façades et les toitures de l'Economat, de la Direction, des pavillons K et A sur la place d'Arsonval et sur l'entrée de l'hôpital, des pavillons D et à l'intérieur de l'amphithéatre ; les lampadaires et les grilles d'entrée, place d'Arsonval ; les piles octogonales des clôtures, avenue Rockefeller et rue Viala ; les cheminées : inscription par arrêté du 31 janvier 1989 - A. la trame, matérialisée par : les voies de circulation, leur dessin (pans coupés aux croisements des allées, largeur) , leurs trottoirs, les espaces verts qui les bordent ; de manière à préserver également la hiérarchie qui les organise, les cours anglaises et le mur de clôture rue Viala (au sud du bâtiment 21) et avenue Rockefeller. B. la topographie : le grand talus du sud et son grand escalier ; le dénivellement au nord avec le garde-corps qui matérialise la séparation entre les deux zones basse et médiane. C. le réseau souterrain subsistant et les éléments d'architecture qui l'agrémentent : pavés de verre apportant l'éclairage naturel par exemple. D. les bâtiments (cf plan cadastral joint à l'arrêté). 1. ne sont pas inscrits les bâtiments prévus de disparaître dans le projet actuel et ceux pour lesquels une reconstruction a paru préférable au vu de la profonde dénaturation qu'ils ont subie : pavillons E, F, I, H, P, V ; bâtiments situés au nord : 10, 9, 8, 26, 27, 6, 5, 3, 28, 30, 15, 14, 13, B ; au centre : bâtiments 19 et 25 ; à l'est : bâtiment 23 ; au sud : le transformateur (n° 24) et le bâtiment STU situé entre les pavillons S et T. 2. l'ensemble des autres bâtiments est inscrit au titre des Monuments historiques. Les principes qui doivent guider la conservation de ces bâtiments sont définis dans le protocole annexé à l'arrêté de protection : a : inscription façades et toitures à l'exception des éléments parasitaires rajoutés en extension de surface ou en surélévation ; - les pavillons situés au sud : S, T et U ; - les pavillons et bâtiments situés dans la partie médiane : O, N, M, L, J et K (extension à toutes les façades et toitures) , A (extension à toutes les façades et toitures) , 4 (extension à toutes les façades et toitures) , 18, C, G, R, 21 ; - les bâtiments situés au nord : 7, 12 et 22, ainsi que le pavillon X, sa cour, ses couloirs de circulation ouest-est (niveau rez-de-patio : entre les cages d'escalier, niveau rez-de-patio +1 : entre les bâtiments ouest et est, niveau rez-de-patio + 2 et rez-de-patio + 3 : entre le bâtiment ouest et la cage d'escalier ouest) et une cellule de religieuse située au rez-de-patio + 3 du bâtiment ouest (plans joints à l'arrêté) ; b : inscription façades, toitures et charpente du bâtiment 2 (cad. BR 4) : inscription par arrêté du 20 novembre 2006
Personnages clés
Édouard Herriot - Maire de Lyon
Initiateur du projet et défenseur d’un hôpital moderne.
Tony Garnier - Architecte
Concepteur du plan pavillonnaire inspiré de la *Cité industrielle*.
Louis Thomas - Architecte
Auteur de la chapelle, non prévue initialement.
Georges Salendre - Sculpteur lyonnais
Auteur du Christ de la chapelle.
Jean Creyssel - Professeur en chirurgie
Fondateur du Centre des grands brûlés (1957).
Jean-Michel Dubernard - Chirurgien
Réalisa la première greffe de main (1998).
Origine et histoire
L’hôpital Édouard-Herriot, initialement nommé Grange-Blanche, est un projet ambitieux lancé en 1909 par Édouard Herriot, maire de Lyon, pour répondre aux besoins d’une population en croissance à l’est du Rhône. L’architecte Tony Garnier, inspiré par son concept de Cité industrielle, conçoit un ensemble pavillonnaire de 32 bâtiments reliés par des galeries souterraines, rompre avec les hôpitaux monolithiques comme l’Hôtel-Dieu. Le terrain de 15,5 hectares, acquis pour un million de francs, accueille un complexe organisé en trois zones : services généraux au nord, pavillons de soins au centre, et un secteur isolé pour les maladies contagieuses au sud. La construction, débutée en 1913, est ralentie par la Première Guerre mondiale et des difficultés financières, portant le coût final à 206 millions de francs au lieu des 13 millions prévus.
Inauguré le 14 juillet 1933 avec 1 544 lits répartis dans 22 pavillons de soins, l’hôpital intègre des innovations comme des sous-sols dédiés aux laboratoires et un réseau souterrain de 2,5 km pour la logistique. Les pavillons, orientés en « U » pour maximiser l’ensoleillement, séparent les étages « septiques » (rez-de-chaussée) et « aseptiques » (étages supérieurs). Une chapelle, ajoutée malgré les réticences initiales d’Herriot, est consacrée en 1934. Dès 1935, l’ajout d’un centre anticancéreux porte la capacité à 1 723 lits. L’organisation repose sur des sœurs hospitalières, avec une sœur-mère par service, sauf pour le pavillon de neurologie, entièrement géré par du personnel civil.
L’hôpital devient rapidement un pôle d’excellence médicale. Dans les années 1930-1950, il accueille des premières chirurgicales et des cliniques universitaires, malgré des tensions entre la municipalité et les Hospices civils de Lyon. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est partiellement réquisitionné par les Allemands, entraînant des réorganisations comme le transfert des malades contagieux. Dans les années 1950, la capacité dépasse 2 700 lits, et les salles communes cèdent progressivement la place à des chambres individuelles. Les décennies suivantes voient des avancées technologiques majeures : installation d’un lithotripteur en 1984 (premier en France pour le traitement des calculs rénaux), d’un scanner en 1985, et d’un spectromètre par résonance magnétique en 1989.
Le XXe siècle marque aussi des réalisations médicales historiques, comme la première allogreffe de la main en 1998 et la première double greffe des mains et avant-bras en 2000, menées par le professeur Jean-Michel Dubernard. Le Centre de traitement des grands brûlés, ouvert en 1957 par le professeur Jean Creyssel, devient une référence mondiale, notamment après avoir accueilli les victimes de la catastrophe de Feyzin en 1966. En 2017, le Centre des brûlés Pierre Colson, issu de la fusion avec l’hôpital Saint-Joseph-Saint-Luc, confirme cette expertise. Parallèlement, l’hôpital se modernise : en 2011, une clinique ambulatoire innovante est créée, et en 2014, son service d’oncologie est labellisé centre d’excellence européen.
Sur le plan architectural, l’hôpital est partiellement classé monument historique : la chapelle (inscrite en 1967), les façades de plusieurs pavillons et éléments du réseau souterrain (1989 et 2006). Tony Garnier, assisté de Louis Thomas pour la chapelle et du sculpteur Georges Salendre, y applique ses principes de cité-jardin, avec des espaces verts, des voies hiérarchisées et des bâtiments fonctionnels. Malgré des démolitions partielles (comme les cheminées Monnoyer en 1996 pour raisons sanitaires), le site conserve une trame urbaine et paysagère remarquable. Aujourd’hui, l’hôpital reste un symbole du patrimoine hospitalier lyonnais, alliant héritage architectural et innovation médicale.
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