Origine et histoire
L’hôpital Notre-Dame de Seclin a été fondé en 1246 par Marguerite de Constantinople, comtesse de Flandre, pour accueillir pèlerins et pauvres. Dès ses débuts, il s’organise autour d’une ferme modeste mais dispose de 300 hectares de terres et de bois. Une communauté de sœurs augustines s’y installe rapidement, assurant sa gestion pendant plus de 700 ans, jusqu’à leur départ en 2013. L’établissement, bien que transformé au fil des siècles, conserve une unité architecturale remarquable, mêlant styles médiéval et Renaissance hispano-flamande.
Les bâtiments actuels, construits entre le XIVe et le XXe siècle, s’articulent autour d’une cour carrée aménagée entre 1635 et 1701. L’aile nord, la plus ancienne, abrite le chœur (1340–1360), la chapelle (1533), et une salle des malades reconstruite aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les ailes est et ouest datent des XVIe–XVIIe siècles, tandis que l’aile sud, plus récente, s’étend du XVIIIe siècle au début du XXe. La façade reflète cette chronologie complexe, avec des éléments allant de 1635 à 1910, incluant le Pavillon de l’horloge (1856).
L’entrée de l’hôpital est marquée par une drève de tilleuls de 375 mètres, dessinée en 1850 par Achille Dewarlez, menant à un jardin à la française orné d’une statue de Marguerite de Flandre (1880). À proximité, une ferme du XVIIe siècle, avec bergerie et pigeonnier du XVIIIe, complète l’ensemble. Classé monument historique en 1932, l’hôpital témoigne de l’évolution des pratiques hospitalières et religieuses dans le nord de la France, depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque contemporaine.
La fondation de l’hôpital s’inscrit dans un contexte médiéval où les établissements religieux jouaient un rôle central dans l’assistance aux plus démunis. Marguerite de Flandre, en créant cet hôpital, s’inscrivait dans une tradition de mécénat comtal visant à renforcer son influence tout en répondant aux besoins sociaux. La présence des sœurs augustines, ordre dédié à la charité, a permis une continuité dans la gestion de l’établissement, malgré les bouleversements politiques et religieux des siècles suivants.
L’architecture de l’hôpital, bien que composite, illustre l’adaptation progressive des bâtiments à leurs fonctions : soins, accueil, et vie communautaire. Les agrandissements successifs, comme la cour carrée ou le pavillon central, reflètent à la fois des besoins pratiques et une volonté de modernisation, notamment aux XIXe et XXe siècles. La ferme atteste quant à elle de l’autonomie économique de l’établissement, typique des fondations hospitalières médiévales.
Le classement de 1932 a permis de préserver ce patrimoine unique, où se mêlent histoire religieuse, architecture flamboyante et traces de la vie quotidienne. Aujourd’hui, l’hôpital Notre-Dame reste un symbole de la mémoire collective de Seclin, liant passé médiéval et héritage moderne dans les Hauts-de-France.