Origine et histoire
L’hôtel de Rossan de Davayé est un hôtel particulier construit vers 1652 à Mâcon par Brice Bauderon de Senecé, juriste et lieutenant-général. Situé initialement au 8 rue de la Barre, il passe en 1698 à Pierre Desvignes de Davayé, premier maire de Mâcon, par son mariage avec Jeanne Bauderon. L’édifice, alors nommé hôtel Bauderon, devient hôtel de Davayé en 1713 après l’acquisition de la châtellenie de Rossan par Pierre Desvignes.
Entre le XVIIIe et le XIXe siècle, l’hôtel subit des transformations majeures. Au XVIIIe siècle, des archives révèlent un procès opposant les Desvignes au chapitre de la cathédrale Saint-Vincent, confirmant l’existence d’un bâti antérieur dès le XIVe siècle. En 1772–1778, des travaux modernisent l’édifice, suivi d’un réaménagement intérieur au XIXe siècle par Abel Jean Baptiste Desvignes, maire de Mâcon et député, qui structure les niveaux (réception, habitation, domestiques) grâce aux indemnités perçues après la Révolution.
La famille Desvignes conserve l’hôtel jusqu’en 1880, malgré les bouleversements révolutionnaires (confiscation partielle, émigration d’Abel Desvignes). Le bâtiment, inscrit aux monuments historiques en 2016, fait l’objet depuis les années 2000 de restaurations (salons, escaliers, jardin). Son architecture mêle un corps central à quatre niveaux flanqué d’ailes latérales, avec une entrée nord ornée des armoiries des Desvignes. Un jardin, en cours de réhabilitation depuis 2021, complète l’ensemble.
Les archives départementales de Saône-et-Loire conservent les documents familiaux des Desvignes, éclairant leur influence locale. L’hôtel, lié au château de Rossan (Davayé), symbolise le pouvoir économique et politique de cette dynastie, active dans la viticulture, la justice et la mairie de Mâcon du XVIIe au XIXe siècle. La vente de l’hôtel en 1880 marque la fin de cette ère.
Aujourd’hui, l’hôtel de Rossan de Davayé, situé 4 rue Guichenon et 25 rue de la Barre, reste un témoignage rare de l’habitat aristocratique mâconnais. Ses décors intérieurs (style Directoire, salon Troubadour) et sa structure d’origine en font un monument clé du patrimoine bourguignon, ouvert à des projets de valorisation (visites, événements).