Rédaction des coutumes de Perpignan 1172 (≈ 1172)
Livre vert des archives sous Girard de Roussillon.
1197
Charte de Pierre II d’Aragon
Charte de Pierre II d’Aragon 1197 (≈ 1197)
Élection de cinq consuls annuels confirmée.
1318
Agrandissement autorisé
Agrandissement autorisé 1318 (≈ 1318)
Travaux sur la place de la Loge par Sanch de Majorque.
1591-1605
Construction des grandes salles
Construction des grandes salles 1591-1605 (≈ 1598)
Aile Est et salle du conseil municipal.
1710
Grilles en fer forgé
Grilles en fer forgé 1710 (≈ 1710)
Seul élément original de la façade.
12 juillet 1886
Classement monument historique
Classement monument historique 12 juillet 1886 (≈ 1886)
Protection officielle du bâtiment.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôtel de Ville : classement par arrêté du 12 juillet 1886
Personnages clés
Girard II - Dernier comte de Roussillon
A fait rédiger les coutumes en 1172.
Pierre II d’Aragon - Roi d’Aragon
Accorde la charte des consuls en 1197.
Sanch de Majorque - Roi de Majorque
Autorise l’agrandissement en 1318.
Charles Quint - Empereur des Habsbourg
Cour intérieure construite sous son règne.
Aristide Maillol - Sculpteur catalan
Auteur de *La Méditerranée* dans le patio.
Origine et histoire
L’hôtel de ville de Perpignan, situé 8 place de la Loge, est un monument typique de l’architecture roussillonnaise, mêlant influences gothiques et catalanes. Il abrite aujourd’hui la mairie de la ville. Son histoire débute au XIIIe siècle avec l’existence d’une maison commune ou loge, lieu de réunion des consuls élus par les habitants selon un système de représentation sociale divisée en trois mains (majeure, moyenne, mineure), institué dès la fin du XIIe siècle sous l’autorité des rois d’Aragon. Ce système, symbolisé par trois bras en bronze sur la façade, permettait aux bourgeois, artisans et ouvriers de participer à la gestion urbaine, bien que le pouvoir militaire et civil restât aux officiers royaux.
En 1318, le roi Sanch de Majorque autorise des travaux d’agrandissement sur la place de la Loge, alors cœur politique et économique de Perpignan. Le bâtiment s’étend progressivement, intégrant une cour intérieure et un portique caractéristiques du XVIe siècle, sous Charles Quint. Entre 1591 et 1605, deux grandes salles sont ajoutées dans l’aile Est, dont l’actuelle salle du conseil municipal, anciennement chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste. Le XVIIe siècle voit d’importants remaniements intérieurs, tandis que la façade est profondément modifiée au XXe siècle, ne conservant que les grilles en fer forgé de 1710. La partie entre la Loge de Mer et l’hôtel de ville est reconstruite en 1951.
Classé monument historique en 1886, l’édifice se distingue par son plafond peint hispano-mauresque du XVIe siècle, ses corbeaux sculptés du XIVe siècle, et son patio abritant La Méditerranée, sculpture d’Aristide Maillol. La façade en cailloux roulés, typique de l’architecture catalane, et les trois mains en bronze rappellent l’organisation sociale médiévale. La salle Arago, ornée de tableaux néogothiques, et la salle des mariages, aux caissons étoilés, témoignent des strates historiques du bâtiment, entre héritage aragonais et transformations modernes.
L’hôtel de ville est indissociable de l’histoire institutionnelle de Perpignan. Dès 1197, une charte de Pierre II d’Aragon officialise l’élection annuelle de cinq consuls, confirmant les coutumes locales rédigées en 1172 sous Girard, dernier comte de Roussillon. Ces coutumes, conservées dans le Livre vert des archives, stipulaient que les habitants devaient plaider devant le roi ou son bailli. Le bâtiment, attenant à l’ancien palais de justice, incarne ainsi la centralisation du pouvoir civil et judiciaire sous la couronne d’Aragon, puis son évolution sous les rois de Majorque et les Habsbourg.
Au-delà de sa fonction administrative, l’hôtel de ville reflète les dynamiques sociales et économiques de Perpignan. La place de la Loge, entourée de la Bourse des Marchands et du Palais de la Députation, était un lieu de convergence des élites (richs homes). Les agrandissements successifs, comme l’achat d’une maison en 1368 pour étendre l’édifice, illustrent la prospérité de la ville, carrefour commercial entre la Catalogne et le Languedoc. Les décors intérieurs, mêlant styles gothique, Renaissance et néogothique, soulignent cette richesse culturelle, tandis que les transformations des XVIIe et XXe siècles adaptent le bâtiment aux besoins politiques changeants.
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