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Hôtel Harrouys à Nantes en Loire-Atlantique

Hôtel Harrouys

    14 Rue du Château
    44000 Nantes
Propriété privée
Hôtel Harrouys
Hôtel Harrouys
Hôtel Harrouys
Hôtel Harrouys
Hôtel Harrouys
Hôtel Harrouys
Hôtel Harrouys
Hôtel Harrouys
Crédit photo : Selbymay - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1670
Début de la construction
1684
Achèvement probable
1726
Première mention « Hôtel Paulus »
1700-1800
Transformations majeures
3 mai 1991
Inscription aux Monuments Historiques
2002-2019
Restauration en deux phases
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures sur rue et sur cour ; deux cages d'escalier ; porche d'entrée avec son portail de menuiserie du XVIIe siècle ; pièces voûtées au rez-de-chaussée du corps arrière (cad. EP 97) : inscription par arrêté du 3 mai 1991

Personnages clés

Nicolas Paulus - Commanditaire et premier propriétaire Sieur du Fonteny, administrateur du duché
Étienne Bedoy - Maître d’œuvre Responsable des travaux (dates inconnues)
Mathurin Grolleau - Maître d’œuvre Artisan de la construction (1639–1707)

Origine et histoire

L’hôtel Harrouys, aussi appelé hôtel Paulus du Fonteny ou hôtel de Goulaine, est un édifice emblématique du patrimoine nantais. Situé au 14 rue du Château, il se distingue par sa taille imposante et son état de conservation exceptionnel pour un hôtel particulier du XVIIe siècle. Sa façade, s’étendant sur huit travées, combine granit et tuffeau, avec un portail central orné de bossages rustiques, de bucranes et d’un mascaron grimaçant. L’ensemble, inscrit aux monuments historiques en 1991, abrite deux cages d’escalier d’origine, des pièces voûtées et une cour desservant écuries et logements.

La construction de l’hôtel est initiée vers 1670 par Nicolas Paulus, sieur du Fonteny, membre de l’administration du duché de Bretagne. Ce projet ambitieux implique l’acquisition de maisons mitoyennes et la transformation du parcellaire. La date de 1684, gravée sur la lucarne centrale, marque probablement l’achèvement des travaux. Deux maîtres d’œuvre interviennent : Étienne Bedoy et Mathurin Grolleau, tandis que Paulus supervise l’ensemble. L’hôtel se singularise par son programme innovant : deux logements de standing, desservis par des escaliers indépendants, préfigurant les futurs aménagements des quartiers Feydeau et Graslin.

Au XVIIIe siècle, l’immeuble subit des modifications majeures : agrandissement des baies, suppression d’allèges, ajout de ferronneries et réaménagement des appartements. La cour est surélevée de deux niveaux avec des coursives et une tourelle abritant des latrines communes. Aux XIXe et XXe siècles, les logements sont divisés en entités plus petites, mais les éléments d’origine — portes, portails, escaliers — restent visibles. Une restauration en deux phases (2002 et 2019) a permis de préserver les façades, le porche et la cour, tandis que les toitures et la façade sur rue attendent encore des travaux.

La rue du Château, où se dresse l’hôtel, est une voie ancienne de Nantes, reliant le château des ducs de Bretagne à la place du Pilori. Au XVIIe siècle, ce quartier accueillait des institutions bretonnes (États, Parlement, Chambre des Comptes) et une population dense, contrainte par des murailles et un parcellaire étroit. L’hôtel Harrouys, avec ses grandes emprises foncières, fait exception. Son appellation varie selon les sources : « Hôtel Harrouys » (arrêté de 1991), « Hôtel Paulus » (documents anciens) ou « Hôtel de Goulaine » (usage courant).

L’édifice illustre la transition vers des hôtels particuliers « de rapport », combinant prestige architectural et rentabilité locative. Contrairement aux hôtels traditionnels (comme Rosmadec ou Briord), il intègre dès l’origine deux logements haut de gamme, modèle repris plus tard dans les quartiers bourgeois de Nantes. Les matériaux nobles (granit, tuffeau), les décors sculptés (têtes de lion, fleurons) et la conservation des menuiseries du XVIIe siècle en font un témoignage rare de l’urbanisme nantais d’Ancien Régime.

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