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Hôtel néogothique à Paris 1er dans Paris

Hôtel néogothique

    3 Avenue Frochot
    75009 Paris 9e Arrondissement
Propriété privée
Crédit photo : Francisco Gonzalez - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1826
Ouverture de l'avenue Frochot
1837-1839
Construction de l'hôtel
2021
Classement partiel MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les parties suivantes de l’hôtel néogothique, situé 1 avenue Frochot, sur la parcelle n° 31, figurant au cadastre section AE tel que délimité par un liseré rouge sur le plan annexé à l’arrêté : la façade sur cour et les toitures, sans le perron, le vestibule et son décor, l’ancienne salle à manger, actuel salon de musique, et son décor : inscription par arrêté du 24 novembre 2021

Personnages clés

Rosalie Jeanne Hiss - Commanditaire mystérieuse Propriétaire initiale de l’hôtel (1837-1839).
Ponson du Terrail - Écrivain résident A habité l’hôtel au XIXe siècle.
Victor Massé - Compositeur Mort dans la maison en 1884.
Sylvie Vartan - Propriétaire (années 1980) N’y a jamais résidé.
Charles Picot et Fortuné-Antoine Brack - Promoteurs immobiliers Créateurs de l’avenue Frochot en 1826.

Origine et histoire

L’Hôtel néogothique, situé au 1 avenue Frochot dans le 9e arrondissement de Paris, est un édifice exceptionnel construit entre 1837 et 1839 pour une commanditaire mystérieuse, Mademoiselle Rosalie Jeanne Hiss. Son architecte reste inconnu. Ce bâtiment de quatre niveaux, en fond de parcelle, se distingue par une façade richement ornée de colonnettes, gâbles, pinacles, et un bestiaire fantastique (têtes de lion ailées, lézards, escargots). Un grand oriel aux vitraux de style troubadour abrite le salon, seule pièce ayant conservé son décor d’origine (lambris, cheminée, encadrements). Bien que remanié, cet hôtel est un témoignage précoce et unique de l’architecture néogothique parisienne, sans équivalent dans la capitale pour son époque.

L’avenue Frochot, voie privée ouverte en 1826, résulte d’une opération immobilière menée par les promoteurs Charles Picot et Fortuné-Antoine Brack sur d’anciens terrains nationaux acquis après la Révolution. Destinée à une clientèle aisée (bourgeois, artistes, aristocrates), elle accueille des maisons aux styles variés (néoclassique, néogothique, néorenaissance), formant un ensemble cohérent typique du Paris romantique. Le n°1, avec son décor médiévalisant, contraste avec les ateliers d’artistes voisins (Toulouse-Lautrec, Chassériau) et les hôtels particuliers de la bourgeoisie. La légende d’une servante assassinée au XIXe siècle, bien que non vérifiée, a contribué à son mystère, poussant à l’installation d’une grille pour limiter l’afflux de curieux.

Classé partiellement aux Monuments Historiques en 2021, l’hôtel a abrité des figures culturelles majeures : l’écrivain Ponson du Terrail (années 1850), le compositeur Victor Massé (mort sur place en 1884), ou la chanteuse Sylvie Vartan (propriétaire dans les années 1980). Son salon, aux décors intacts, et sa façade sur cour sont aujourd’hui protégés. L’édifice illustre ainsi l’évolution d’un quartier initialement résidentiel et artistique, marqué par la spéculation immobilière de la Restauration et l’émergence d’une nouvelle élite parisienne.

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