Frise chronologique
1872
Acquisition du terrain
Acquisition du terrain
1872 (≈ 1872)
Achat par la baronne Adèle de Rothschild.
1873-1878
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1873-1878 (≈ 1876)
Dirigée par Ohnet puis Ponsard.
1882
Acquisition de la maison de Balzac
Acquisition de la maison de Balzac
1882 (≈ 1882)
Rasée en 1890 pour agrandir le jardin.
1890
Destruction de la chapelle Saint-Nicolas
Destruction de la chapelle Saint-Nicolas
1890 (≈ 1890)
Remplacée par la rotonde Balzac.
1932
Assassinat de Paul Doumer
Assassinat de Paul Doumer
1932 (≈ 1932)
Lors d’un salon littéraire dans l’hôtel.
1976
Transfert à la Fondation des Artistes
Transfert à la Fondation des Artistes
1976 (≈ 1976)
Création de la fondation gestionnaire.
2005
Classement monument historique
Classement monument historique
2005 (≈ 2005)
Protection officielle du bâtiment.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Salomon James de Rothschild - Baron et collectionneur |
Fils de James, fondateur de la branche parisienne. |
| Adèle von Rothschild (baronne Adèle) - Épouse de Salomon, mécène |
Commanditaire de l’hôtel et donatrice à l’État. |
| Léon Ohnet - Architecte initial |
Décédé en 1874 pendant les travaux. |
| Justin Ponsard - Architecte successeur |
Acheva la construction en 1878. |
| Léopold Moulignon - Peintre décorateur |
Auteur des décors intérieurs inspirés d’Italie. |
| Paul Doumer - Président de la République |
Assassiné dans l’hôtel en 1932. |
| Rose Valland - Conservatrice et résistante |
Travailla au service de récupération artistique. |
Origine et histoire
L’hôtel Salomon de Rothschild est un hôtel particulier situé au 11 rue Berryer, dans le 8e arrondissement de Paris. Il fut édifié à partir de 1873 sur l’emplacement de l’ancienne Folie Beaujon, une propriété acquise par la baronne Adèle de Rothschild, veuve de Salomon James de Rothschild. L’architecte Léon Ohnet, puis son élève Justin Ponsard après sa mort en 1874, dirigèrent les travaux, achevés en 1878. Ce projet s’inscrivait dans une volonté de modernité, avec une architecture néoclassique inspirée du XVIIIe siècle, destinée à mettre en valeur les riches collections d’art de la famille.
La baronne Adèle agrandit progressivement le domaine en acquérant des parcelles adjacentes, dont la maison de Balzac, rasée en 1890 pour étendre le jardin, et l’ancienne chapelle Saint-Nicolas, transformée en rotonde après sa démolition. À sa mort, elle légua l’hôtel et ses collections à l’État, avec le vœu qu’il devienne une « Maison d’art » dédiée aux expositions et aux artistes. Le bâtiment abritera plus tard des institutions culturelles comme la bibliothèque Jacques Doucet ou le service de récupération artistique après la Seconde Guerre mondiale.
L’hôtel est marqué par un événement tragique : l’assassinat du président Paul Doumer en 1932 lors d’un salon littéraire. Classé monument historique en 2005, il abrite aujourd’hui la Fondation des Artistes. Son jardin de 4 000 m2, entretenu par la ville de Paris, reste accessible au public. L’architecture intérieure, ornée de décors italiens et de miroirs amplifiant les espaces, reflète le faste des résidences Rothschild, tandis que le cabinet de curiosités conserve des objets d’art médiéval, oriental et européen.
Les vestiges de la Folie Beaujon, comme un plafond du XVIIIe siècle ou les portes de la maison de Balzac, rappellent l’histoire complexe du site. La rotonde, construite à l’emplacement de l’ancienne chapelle, et les collections transférées au Louvre ou au musée d’Écouen témoignent des transformations successives du lieu. L’hôtel incarne ainsi à la fois le mécénat des Rothschild et les mutations culturelles de Paris entre le XIXe et le XXe siècle.