Projet de Dodelier 1853 (≈ 1853)
Plan néo-gothique avec remploi d'éléments anciens.
1875
Achèvement des travaux
Achèvement des travaux 1875 (≈ 1875)
Consécration aux saints Speuysippe, Eleusippe, Meleusippe.
début XIXe siècle
État de délabrement
État de délabrement début XIXe siècle (≈ 1904)
Décision de reconstruction totale.
12 avril 2017
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 12 avril 2017 (≈ 2017)
Protection totale de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
En totalité l'église des Saints-Jumeaux, à l'exclusion du presbytère, de la grange et du mur de clôture, située rue du Château, telle que délimitée par un liseré rouge sur le plan annexé à l'arrêté (AB 30) : inscription par arrêté du 12 avril 2017
Personnages clés
Charles Dodelier - Architecte
Conçoit l'église néo-gothique (1816–1882).
Origine et histoire
L'église des Saints-Jumeaux, située à Colombier (aujourd'hui Curtil-sous-Buffières), remplace une église gothique du XIIIe siècle, agrandie aux XVIe et XVIIIe siècles. Au début du XIXe siècle, l'édifice médiéval, en ruine, est jugé irréparable. La commune décide alors sa reconstruction en 1853, confiant le projet à l'architecte vesulien Charles Dodelier (1816–1882), spécialiste des édifices religieux ruraux.
Dodelier propose un édifice néo-gothique économique, réutilisant des éléments de l'ancienne église : la base du clocher, les piliers et les voûtes des chapelles latérales du XIVe siècle, transformées en narthex. L'orientation est inversée, et l'enclos paroissial cède la place à une place publique ouverte sur la mairie et l'école. La nouvelle église, dédiée aux saints Speuysippe, Eleusippe et Meleusippe, adopte un plan basilical avec une nef à cinq travées et un sanctuaire suivi d'une sacristie.
La façade néo-gothique, rythmée par des contreforts et des clochetons, intègre un porche orné d'un fronton en pierre surmonté d'une croix. La flèche en ardoise d'Angers, élancée, est soulignée par des clochetons aux angles de la tour. L'architecte utilise des matériaux simulant le gothique à moindre coût, pratique courante pour les églises rurales de l'époque. L'édifice, classé Monument Historique en 2017, illustre l'adaptation des styles médiévaux aux contraintes budgétaires du XIXe siècle.
L'église s'inscrit dans un projet urbain plus large, symbolisant la modernisation du village. Sa reconstruction coïncide avec l'aménagement d'équipements municipaux (école, fontaines), reflétant les transformations sociales et architecturales des campagnes françaises sous le Second Empire. Le remploi d'éléments anciens, combiné à des innovations stylistiques, en fait un témoignage rare de la transition entre tradition et modernité.