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Immeuble à Morteau dans le Doubs

Immeuble

    8 Rue Gonsalve Pertusier
    25500 Morteau
Propriété privée

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
2100
1900-1901
Construction de l’immeuble
29 mai 1905
Vente aux enchères
1918
Acquisition par Alphonse Petit
1926
Achat par Charles Reuille
23 avril 2012
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui
milieu XXe siècle
Siège des Établissements Aris

Patrimoine classé

La cage d'escalier en totalité (cad. AA 492) : inscription par arrêté du 23 avril 2012

Personnages clés

Jean Giletti - Entrepreneur et constructeur A construit l’immeuble en 1900-1901.
François Coppa - Peintre décorateur A réalisé les trompe-l’œil en 1901.
Alexandre Estignard - Ancien propriétaire et homme politique A revendu le terrain puis racheté l’immeuble.
Alphonse Petit - Horloger et propriétaire A acquis l’immeuble en 1918.
Charles Reuille - Professeur de musique Propriétaire à partir de 1926.
Louis Reymond - Dirigeant des Établissements Aris Gérant de la fabrique de montres.

Origine et histoire

L’immeuble situé au 8 rue Gonsalve-Pertusier à Morteau, construit au 1er quart du XXe siècle (1900-1901), est l’œuvre de l’entrepreneur Jean Giletti, d’origine italienne et naturalisé français en 1893. L’édifice se distingue par son pan coupé à l’angle des rues Pasteur et Pertusier, ses façades en moellons calcaires enduits et briques, ainsi que ses baies en arc segmentaire. Son escalier intérieur, en béton puis bois, est orné de décors peints en trompe-l’œil par François Coppa en 1901, représentant des paysages et des éléments architecturaux illusionnistes.

Acquis initialement par Giletti sur un terrain acheté à Alexandre Estignard (ancien homme politique et propriétaire de la Grande Fabrique d’Horlogerie de Morteau), l’immeuble est revendu dès 1905 à Estignard lui-même pour loger son personnel. Il change ensuite plusieurs fois de mains : racheté en 1918 par l’horloger Alphonse Petit, puis en 1926 par le professeur de musique Charles Reuille. Au milieu du XXe siècle, son rez-de-chaussée abrite la fabrique de montres Établissements Aris, liée à l’industrie horlogère locale et suisse.

La cage d’escalier, classée Monument Historique en 2012, est le seul élément protégé de l’édifice. Son décor peint, signé et daté par Coppa, inclut des médaillons, des masques et des trophées, tandis que les murs simulent des rideaux soulevés révélant des paysages. L’immeuble illustre l’influence des artisans italiens et suisses dans l’architecture mortuacienne, liée à l’essor de l’horlogerie. Aujourd’hui, il accueille un magasin de tatouage au rez-de-chaussée et des appartements aux étages.

L’histoire de l’immeuble reflète les dynamiques économiques de Morteau, marquée par l’industrie horlogère et les échanges transfrontaliers avec la Suisse. Son architecture éclectique, mêlant matériaux locaux (calcaire, briques) et décors artistiques, témoigne des ambitions esthétiques et fonctionnelles de l’époque. La protection de sa cage d’escalier souligne la valeur patrimoniale de ce décor, rare exemple conservé de peinture monumentale civile du début du XXe siècle en Franche-Comté.

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