Frise chronologique
1912
Brevet des gradins
Brevet des gradins
1912 (≈ 1912)
Innovation architecturale déposée.
1912-1914
Construction de l’immeuble
Construction de l’immeuble
1912-1914 (≈ 1913)
Par Henri Sauvage et Charles Sarazin.
1914
Ouverture d’un ouvroir
Ouverture d’un ouvroir
1914 (≈ 1914)
Atelier pour prisonniers de guerre.
1er octobre 1927
Ouverture du club Saint-Regis
Ouverture du club Saint-Regis
1er octobre 1927 (≈ 1927)
Pour étudiantes américaines catholiques.
années 1950
École de théâtre de Raymond Girard
École de théâtre de Raymond Girard
années 1950 (≈ 1950)
Fréquentée par Jean-Paul Belmondo.
15 janvier 1975
Classement monument historique
Classement monument historique
15 janvier 1975 (≈ 1975)
Façades et toitures protégées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures : inscription par arrêté du 15 janvier 1975
Personnages clés
| Henri Sauvage - Architecte |
Co-concepteur de l’immeuble et des gradins. |
| Charles Sarazin - Architecte |
Co-auteur du brevet et du projet. |
| Raymond Girard - Directeur d’école de théâtre |
A formé Belmondo dans l’immeuble. |
| Jean-Paul Belmondo - Acteur |
Élève puis résident fictif au cinéma. |
| Caroline de Broutelles - Fondatrice du prix Femina |
Jury réuni dans son appartement. |
| Paul Nizan - Écrivain |
A vécu dans l’immeuble. |
Origine et histoire
L’immeuble du 26 rue Vavin, situé dans le 6e arrondissement de Paris, est un immeuble d’habitation construit entre 1912 et 1914 par les architectes Charles Sarazin et Henri Sauvage. Initialement nommé Maison à gradins sportive, il devait inclure une salle d’escrime, finalement abandonnée. Son architecture innovante, brevetée en 1912, utilise des gradins pour les trois étages supérieurs afin d’optimiser l’ensoleillement et l’aération, une réponse aux épidémies de tuberculose de l’époque. Les chambres de bonnes, traditionnellement reléguées sous les toits, sont ici intégrées aux logements pour améliorer les conditions de vie.
La façade est entièrement recouverte de carreaux de faïence blancs et bleus, similaires à ceux du métro parisien, fournis par l’entreprise Boulenger. L’immeuble, en béton armé, compte six niveaux (neuf selon certaines sources), avec une structure où chaque étage supporte le suivant. Dès 1914, il abrite un ouvroir pour confectionner des vêtements destinées aux prisonniers de guerre allemands. Son histoire sociale est marquée par des usages variés : club catholique pour étudiantes américaines (1927), école de théâtre de Raymond Girard (années 1950), et siège d’associations comme le Comité d’amnistie des Indochinois (1934).
Classé monument historique en 1975 pour ses façades et toitures, l’immeuble est aussi lié au cinéma : il apparaît dans Le Dernier Tango à Paris (1972) comme résidence du personnage de Maria Schneider, et dans Le Solitaire (1987) comme domicile de Jean-Paul Belmondo. Les architectes Henri Sauvage et Charles Sarazin y ont vécu, tout comme l’écrivain Paul Nizan. Son revêtement en grès et sa conception hygiéniste en font un témoignage majeur de l’innovation architecturale du début du XXe siècle, mêlant fonctionnalité et esthétique Art Nouveau.
Le quartier, desservi par la ligne 4 du métro (station Vavin), reflète l’évolution sociale de Paris : de l’atelier de confection pour prisonniers à l’école de théâtre fréquentée par Belmondo, l’immeuble incarne les mutations urbaines et culturelles de son époque. Son prix au mètre carré en 2022 (entre 13 377 € et 18 211 €) témoigne de son prestige durable dans un arrondissement historique.
Parmi ses occupants notables, on compte des figures artistiques et intellectuelles, comme Caroline de Broutelles, fondatrice du prix Femina, dont le jury se réunissait dans son appartement. L’immeuble illustre ainsi le croisement entre patrimoine architectural, vie mondaine et engagements sociaux, depuis sa construction jusqu’à son statut actuel de monument protégé.