Frise chronologique
1748
Projet de percement approuvé
Projet de percement approuvé
1748 (≈ 1748)
Délibération municipale pour moderniser le quartier.
20 mai 1755
Validation royale du projet
Validation royale du projet
20 mai 1755 (≈ 1755)
Arrêt du Conseil d’État approuvant la place.
6 septembre 1756
Début des travaux autorisé
Début des travaux autorisé
6 septembre 1756 (≈ 1756)
Rejet des oppositions de l’archevêque.
26 août 1765
Inauguration du monument à Louis XV
Inauguration du monument à Louis XV
26 août 1765 (≈ 1765)
Statue de Pigalle et allégories dévoilées.
15 août 1792
Destruction de la statue royale
Destruction de la statue royale
15 août 1792 (≈ 1792)
Abolition des symboles monarchiques.
25 août 1819
Nouvelle statue de Louis XV
Nouvelle statue de Louis XV
25 août 1819 (≈ 1819)
Œuvre de Pierre Cartellier inaugurée.
1910
Achèvement de la place
Achèvement de la place
1910 (≈ 1910)
Construction du dernier immeuble.
28 mars 1952
Classement monument historique
Classement monument historique
28 mars 1952 (≈ 1952)
Protection du sol et du monument.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Louis-Jean Levesque de Pouilly - Lieutenant des habitants (1746-1751) |
Initiateur du projet de percement. |
| Jean-Gabriel Legendre - Architecte de la place |
Conçut l’ordonnancement des immeubles. |
| Jean-Baptiste Pigalle - Sculpteur du monument |
Auteur de la statue originale de Louis XV. |
| Pierre Cartellier - Sculpteur du monument de 1818 |
Remplaça la statue détruite en 1792. |
| Daniel-Charles Trudaine - Directeur des Ponts et Chaussées |
Supervisa les travaux d’aménagement. |
| Archevêque-duc de Reims - Opposant au projet |
Tenta de bloquer la construction. |
Origine et histoire
La place Royale de Reims, située dans le centre-ville, est un exemple d’urbanisme royal du XVIIIe siècle. Elle fut conçue pour remplacer un quartier insalubre, le Grand Credo, et créer une perspective monumentale entre les routes royales. Son aménagement, décidé en 1755, visait à moderniser Reims en alignant les axes romains anciens (Cardo et Decumanus) et en structurant un espace public majestueux.
Le projet, porté par le lieutenant des habitants Louis-Jean Levesque de Pouilly et l’architecte Jean-Gabriel Legendre, rencontra des oppositions, notamment de l’archevêque et du chapitre de Notre-Dame, avant d’être validé par le Conseil d’État en 1756. Les travaux, débutés en 1758, durèrent près de 20 ans, avec la construction d’immeubles harmonisés et l’érection d’un monument à Louis XV, sculpté par Pigalle et inauguré en 1765. La statue, détruite pendant la Révolution, fut remplacée en 1818 par une œuvre de Pierre Cartellier.
La place, laissée inachevée jusqu’en 1910, subit des transformations majeures après la Première Guerre mondiale, où seuls les façades des immeubles furent conservées. Les surélévations ultérieures altérèrent partiellement son esthétique d’origine. Classée monument historique en 1952, elle abrite aujourd’hui une sous-préfecture et conserve son rôle de lieu emblématique du patrimoine rémois, malgré les débats récurrents sur la présence de la statue royale.
Initialement conçue comme un symbole du pouvoir monarchique, la place Royale devint aussi un lieu de vie populaire. Au XIXe siècle, elle servit de référence pour la numérotation des rues de Reims, et au début du XXe, ses marches abritaient les sans-abri, surnommés « les Louis XV ». Son sol et son monument central sont protégés depuis 1952, tandis que l’ancien hôtel des Fermes, devenu sous-préfecture, est inscrit depuis 1953.
L’architecture de la place, marquée par l’ordonnancement classique, reflète les ambitions urbanistiques du siècle des Lumières. Les façades uniformes, les allégories sculptées (comme Le Génie du Commerce et La Raison maîtrisant la Force), et le monument central en font un témoignage des transformations sociales et politiques de Reims, entre Ancien Régime, Révolution et époque contemporaine.