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Institut dentaire George Eastman à Paris 1er dans Paris

Institut dentaire George Eastman

    11 Rue George Eastman
    75013 Paris 13e Arrondissement
Propriété de la commune
Institut dentaire George Eastman
Institut dentaire George Eastman
Institut dentaire George Eastman
Institut dentaire George Eastman
Institut dentaire George Eastman
Institut dentaire George Eastman
Institut dentaire George Eastman
Institut dentaire George Eastman
Institut dentaire George Eastman
Institut dentaire George Eastman
Institut dentaire George Eastman
Institut dentaire George Eastman
Institut dentaire George Eastman
Crédit photo : Mbzt - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1934
Projet initial
29 juillet 1935
Pose de la première pierre
21 octobre 1937
Inauguration
8 septembre 1940
Réquisition par la Wehrmacht
août-septembre 1944
Centre d’épuration
1980s
Déclin des consultations
1991
Installation de laboratoires
21 janvier 2019
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

En totalité, l’institut dentaire George Eastman, y compris la terrasse et l’escalier qui lui sont liés, ainsi que le terrain sur lequel il est bâti et la clôture qui l’entoure, tels que délimités en rouge sur le plan annexé à l’arrêté (cad. AZ 1) : inscription par arrêté du 21 janvier 2019

Personnages clés

George Eastman - Donateur et fondateur de Kodak Finance la construction de l’institut
Édouard Crevel - Architecte en chef Conçoit le bâtiment dans les années 1930
Carlo Sarrabezolles - Sculpteur Réalise médaillons et hauts-reliefs allégoriques
Raymond Subes - Ferronnier d’art Crée la porte d’entrée et éléments métalliques
René Sentuc (capitaine Bernard) - Résistant FTP Dirige le centre d’épuration en 1944
Jean-Pierre Abel - Détenu et écrivain Témoigne dans *L’Âge de Caïn* (1948)
Madeleine Goa - Victime d’erreur judiciaire Fusillée par erreur en 1944

Origine et histoire

L’Institut dentaire George-Eastman est édifié dans les années 1930 grâce à une donation de l’industriel américain George Eastman, fondateur de Kodak. Conçu par l’architecte Édouard Crevel, le bâtiment s’inscrit dans un projet plus large incluant l’aménagement du parc de Choisy. Inauguré en 1937, il est dédié à la surveillance de l’hygiène dentaire des enfants parisiens. Ses façades en briques rouges sont ornées de sculptures monumentales de Carlo Sarrabezolles, mêlant allégories mythologiques et références à la médecine.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’institut est réquisitionné par la Wehrmacht en 1940 pour servir d’hôpital militaire (Wehrmacht Zahnklinik Eastmann). À la Libération de Paris en août 1944, il devient un centre clandestin d’épuration dirigé par des résistants FTP, où plus de 200 personnes, souvent sur dénonciation, sont détenues, torturées ou exécutées. Des erreurs judiciaires tragiques y sont commises, comme l’exécution de Madeleine Goa, innocente, ou la détention prolongée de Jean-Pierre Abel, qui témoignera plus tard dans L’Âge de Caïn.

Après 1945, l’institut retrouve sa vocation médicale, mais son activité décline dans les années 1980 sous la pression des dentistes libéraux, passant de 100 000 à 14 000 consultations annuelles. En 1991, il accueille deux laboratoires municipaux (LHVP et LEPI). Classé monument historique en 2019, il est aujourd’hui réaménagé dans le cadre du projet « Réinventer Paris 2 ».

Le bâtiment se distingue par son architecture sobre, alliant ossature métallique et briques rouges, et ses ferronneries signées Raymond Subes. Les sculptures de Sarrabezolles, comme les médaillons intérieurs représentant l’enfant (sommeil, jeu, étude) ou les hauts-reliefs extérieurs (allégories de l’Amérique offrant l’institut à la France, Hercule terrassant l’hydre de la maladie), illustrent sa dimension symbolique et pédagogique.

Son histoire sombre pendant l’Épuration, marquée par des exactions et des erreurs judiciaires, a inspiré des œuvres comme le polar J’étais le collabo Sadorski (2022) de Romain Slocombe ou le documentaire Règlements de comptes à l’Institut (2021). Le site reste un témoignage architectural et mémoriel des contradictions du XXe siècle.

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