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Internat du lycée de jeunes filles, actuel lycée Marguerite de Navarre à Bourges dans le Cher

Internat du lycée de jeunes filles, actuel lycée Marguerite de Navarre

    59 Rue de Vauvert
    18000 Bourges
Propriété de l'Etat
Internat du lycée de jeunes filles, actuel lycée Marguerite de Navarre
Internat du lycée de jeunes filles, actuel lycée Marguerite de Navarre
Internat du lycée de jeunes filles, actuel lycée Marguerite de Navarre
Internat du lycée de jeunes filles, actuel lycée Marguerite de Navarre
Internat du lycée de jeunes filles, actuel lycée Marguerite de Navarre
Internat du lycée de jeunes filles, actuel lycée Marguerite de Navarre
Internat du lycée de jeunes filles, actuel lycée Marguerite de Navarre
Crédit photo : Olivier Hammam - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1921
Transformation en lycée
1949
Instructions ministérielles
1950-1952
Construction de l'internat
1964
Rebaptisation du lycée
2001
Inscription monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades, les terrasses, les roseraies (cad. EX 273) : inscription par arrêté du 28 juin 2001

Personnages clés

Jacques Barge - Architecte Concepteur de l’internat et de son prototype.
Yvonne Cordillot - Directrice du lycée Initiatrice du projet décoratif pédagogique.
Jean et Jacqueline Lerat - Céramistes Auteurs des 41 médaillons de femmes célèbres.
Henri Malvaux - Peintre Auteur de *Jeunes femmes dans un verger*.
Marguerite de Navarre - Figure historique homonyme Sœur de François Ier, femme de lettres.
Simone Weil - Ancienne professeure Philosophe, salle du lycée à son nom.

Origine et histoire

L’internat du lycée de jeunes filles, actuel lycée Marguerite de Navarre à Bourges, a été construit entre 1950 et 1952 par l’architecte Jacques Barge. Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme hygiéniste du ministère de l’Éducation nationale (instructions de 1949), visant à allier économie, confort et modernité. L’édifice, conçu comme un prototype architectural, utilise des techniques de préfabrication en béton armé et une ossature simple, tout en intégrant des principes esthétiques rigoureux : géométrie marquée, jeux de pleins et de vides, et façades en pierre taillée ou piquetée.

La décoration de l’internat reflète une volonté pédagogique et artistique. Les professeurs de l’École des Arts Appliqués de Bourges, sous la direction de l’architecte et de la directrice Yvonne Cordillot, ont orné les lieux de 41 médaillons en terre cuite réalisés par les céramistes Jean et Jacqueline Lerat. Ces médaillons représentent des femmes illustres de l’histoire française. Une toile d’Henri Malvaux, Jeunes femmes dans un verger, et une sculpture de Marcel Gili, L’Éveil, complètent cet ensemble, visant à créer un cadre éducatif à la fois stimulant et rassurant.

À l’origine collège, l’établissement est devenu un lycée en 1921, avant d’être rebaptisé lycée Marguerite-de-Navarre en 1964, en hommage à la sœur de François Ier, figure littéraire de la Renaissance. Le nom initial proposé, Berthe Morisot, fut rejeté par le Conseil d’enseignement. L’internat, inscrit aux monuments historiques en 2001, illustre l’innovation architecturale de l’après-guerre, mêlant fonctionnalité (plan en peigne pour une surveillance optimale) et symbolisme (célébration des femmes dans l’espace public).

Le lycée, situé rue de Vauvert à proximité du centre-ville et du canal du Berry, se distingue aujourd’hui par ses options linguistiques rares (chinois, russe, italien) et ses filières variées, incluant un BTS communication. Il accueille environ 1 040 élèves (2023-2024) et perpétue une tradition culturelle avec le Margot Festival, événement annuel organisé par les lycéens. L’établissement entretient aussi un lien avec son histoire en abritant une salle nommée en hommage à Simone Weil, ancienne professeure.

Parmi les anciens élèves et professeurs notables figurent la philosophe Simone Weil, l’avocat Christophe Carpe, ou encore l’ancien député Yann Galut. L’architecture de l’internat, avec ses références à l’Antiquité et à la Renaissance, incarne une synthèse entre modernité technique et héritage culturel, tout en répondant aux enjeux sociaux de l’éducation féminine dans la France des Trente Glorieuses.

Liens externes