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Château de Grivesnes dans la Somme

Somme

Château de Grivesnes

    11 Rue de l'Église
    80250 Grivesnes
Markus3 (Marc ROUSSEL)

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1472
Destruction du manoir médiéval
1611-1640
Construction du corps de logis
1793-1794
Vente comme bien national
1918
Destruction pendant la Grande Guerre
1965
Vente définitive du domaine
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Louis de Goussencourt (15??-1640) - Seigneur de Grivesnes et constructeur Fit bâtir le corps de logis principal au XVIIe.
Roch Théry - Habitant et sauveur partiel Racheta des terres en 1793 pour les restituer.
Louis-Henri de Goussencourt (1766-1849) - Dernier comte émigré Propriétaire avant la confiscation révolutionnaire.
François Matoret et Françoise Louchet - Émigrants vers le Québec Quittèrent Grivesnes après les destructions de 1636.
Vicomte Louis de Beaurepaire de Louvagny - Dernier propriétaire noble Vendit le domaine après 1918.

Origine et histoire

Le château de Grivesnes trouve ses origines dans un manoir seigneurial du XVe siècle, détruit lors des raids bourguignons après le siège de Beauvais en 1472. Ce premier édifice, probablement lié à la Jacquerie de 1358 née dans le village voisin de Villers-Tournelle, fut la propriété de familles nobles locales, dont les traces écrites manquent pour cette période médiévale.

Entre 1611 et 1640, Louis de Goussencourt, fils de Robert et époux de Catherine Le Sellier, fit ériger le corps de logis principal du château actuel. Le domaine, agrandi au XVIIIe siècle, appartenait à la fin de l’Ancien Régime à son descendant, le comte Louis de Goussencourt. Sous la Révolution, le château fut confisqué comme bien national en 1793-1794, avant que Roch Théry, un habitant local, n’en rachète une partie pour la rétrocéder à la famille d’origine.

Lors de la Première Guerre mondiale, le château et son parc de 19 hectares subirent des destructions massives en 1918, durant l’offensive du Printemps allemande. Les combats, particulièrement violents autour de Grivesnes, réduisirent le village en ruines et endommagèrent le château aux deux tiers. Après la guerre, le vicomte Louis de Beaurepaire de Louvagny, dernier propriétaire, vendit le domaine en 1899 à un notaire amiénois. Aujourd’hui, seuls persistent le corps de ferme et deux dépendances, témoins de ce patrimoine disparus.

Le site est également marqué par son rôle stratégique pendant la guerre : un aérodrome militaire français y fut installé en 1916, et les carrières environnantes servirent de champ de bataille jusqu’à l’Armistice. Une stèle commémorative, érigée en 1970, honore les soldats français et allemands tombés lors des affrontements. Le château, symbole de la résistance locale, incarne ainsi à la fois l’histoire seigneuriale picarde et les ravages des conflits modernes.

Avant sa destruction, le domaine comprenait une distillerie industrielle et une ferme de 132 hectares, illustrant son double rôle économique et résidentiel. Les archives mentionnent aussi l’émigration de familles locales vers le Québec après les destructions de 1636, comme François Matoret et Françoise Louchet, ou des nobles tels Catherine de Belleau. Ces liens transatlantiques rappellent l’impact des crises régionales sur les déplacements de population.

Architecturalement, le château de Grivesnes était typique des reconstructions post-médiévales, avec un corps de logis central et des dépendances organisées autour d’un parc. Sa position sur une colline dominant le village en faisait un point stratégique, autant pour le contrôle féodal que pour les batailles du XXe siècle. Les vestiges actuels, bien que fragmentaires, offrent un aperçu de cette histoire mouvementée, entre noblesse picarde, révoltes paysannes et guerres mondiales.

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