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Frise chronologique
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
fin XVIe – début XVIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale fin XVIe – début XVIIe siècle (≈ 1725)
Château bâti par la famille de Kerfloux.
années 1760
Transformation majeure
Transformation majeure années 1760 (≈ 1760)
Agrandissement par les comtes de Rosmorduc.
1793
Saisie révolutionnaire
Saisie révolutionnaire 1793 (≈ 1793)
Confisqué au comte Louis de Rosmorduc.
1847
Rénovation intérieure
Rénovation intérieure 1847 (≈ 1847)
Travaux menés par Alour Arnoult.
1928
Legs à l’Institut de France
Legs à l’Institut de France 1928 (≈ 1928)
Création d’une fondation et école de broderie.
24 août 2000
Classement monument historique
Classement monument historique 24 août 2000 (≈ 2000)
Protection des façades, intérieurs et parc.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du corps de logis et de l'aile en retour est, à l'exclusion des communs du début du XXe siècle attenants au pignon ouest ; cinq pièces du rez-de-chaussée : salle à manger, grand salon, salle de billard, fumoir, bibliothèque ; parc et ses murs de clôture, y compris les éléments du système hydraulique du XVIIIe siècle (citerne, vivier, canal) et les douves (cad. A 343, 338, 353, 346, 668, 670, 672) : inscription par arrêté du 24 août 2000
Personnages clés
Comte Louis de Rosmorduc - Propriétaire et chef chouan
Condamné en 1793, manoir saisi.
Joseph Astor (1824–1901) - Maire de Quimper et collectionneur
Acheteur d’œuvres et faïences bretonnes.
Joseph-Georges Astor - Sénateur-maire et mécène
Lègue le manoir à l’Institut de France.
Alfred Beau - Artiste faïencier quimpérois
Ami de Joseph Astor, auteur du violoncelle en faïence.
Maurice Denis - Peintre nabi
Auteur de deux tableaux exposés au manoir.
Origine et histoire
Le manoir de Kerazan, situé près de Loctudy dans le Finistère, trouve ses origines à la fin du XVIe siècle, lorsque la famille de Kerfloux y construit un château. Ce dernier passe ensuite aux Drouallen, dont un membre participe à la prise de Rio de Janeiro sous Duguay-Trouin. Au XVIIIe siècle, les comtes de Rosmorduc, issus de la maison Le Gentil, héritent du domaine et le transforment profondément : adjonction d’un étage, agrandissement des fenêtres, réfection de la toiture et création d’un parc à l’anglaise. Le manoir est saisi en 1793 pendant la Révolution, puis revendu après la condamnation de son propriétaire, le comte Louis de Rosmorduc, chef chouan.
Au XIXe siècle, le manoir change plusieurs fois de mains, notamment avec Alour Arnoult, qui rénove sa décoration intérieure en 1847. Son descendant, Georges Arnoult, député du Finistère, transmet ensuite la propriété à la famille Astor par le mariage de sa fille Noémie avec Joseph Astor. Ce dernier, maire de Quimper, y constitue une exceptionnelle collection de peintures et de faïences quimpéroises, enrichie par son fils, Joseph-Georges Astor. Ce dernier, sénateur-maire de Quimper et fondateur du musée des Beaux-Arts de la ville, lègue en 1928 le manoir et ses collections à l’Institut de France, sous condition de créer une fondation et une école de broderie, active jusqu’en 1966.
Le manoir, classé monument historique en 2000 pour ses façades, toitures, cinq pièces intérieures et son parc avec système hydraulique du XVIIIe siècle, se distingue par son architecture mêlant un corps de logis classique et une aile ancienne. Ses salons conservent des lambris des XVIIIe et XIXe siècles, tandis que ses murs abritent des œuvres majeures, comme les fresques de Théophile Deyrolles ou les tableaux de Maurice Denis. Le parc, inspiré des jardins anglais, inclut des douves sèches, un potager médiéval et des éléments hydrauliques historiques. Le domaine est également connu pour avoir servi de décor au film publicitaire Tipiak en 1993.
La collection du manoir est remarquable, avec des peintures bretonnes des XVIe au XIXe siècles, des faïences de Quimper (dont un violoncelle unique en faïence de 1,20 m peint par Alfred Beau), et des œuvres d’artistes comme Auguste Goy ou Désiré Lucas. Joseph-Georges Astor, passionné d’art malgré un handicap auditif, complète cette collection et embellit le décor intérieur. Aujourd’hui, le manoir de Kerazan, propriété de l’Institut de France, reste ouvert au public et témoigne de l’histoire artistique et sociale de la Bretagne.
Les familles proprietaires ont marqué l’histoire locale : les Rosmorduc, engagés dans les guerres chouannes, les Arnoult, impliqués en politique, et les Astor, mécènes des arts et de l’artisanat breton. L’école de broderie fondée par Joseph-Georges Astor forma des dizaines de jeunes filles, dont beaucoup travaillèrent pour la maison Le Minor. Le legs à l’Institut de France garantit la préservation de ce patrimoine, tout en perpétuant son rôle culturel et éducatif en Bretagne.
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