Construction du clocher roman milieu du XIIe siècle (≈ 1250)
Tour de croisée avec baies en plein cintre.
second quart du XIIIe siècle
Agrandissement gothique
Agrandissement gothique second quart du XIIIe siècle (≈ 1350)
Chœur et bas-côté nord ajoutés.
1540
Achèvement de la flèche et vitraux
Achèvement de la flèche et vitraux 1540 (≈ 1540)
Flèche octogonale et verrière Renaissance datée.
début du XVIe siècle
Reconstruction flamboyante
Reconstruction flamboyante début du XVIe siècle (≈ 1604)
Nef transformée, abside et bas-côté sud construits.
1862
Premier classement partiel
Premier classement partiel 1862 (≈ 1862)
Clocher et vitraux protégés.
13 mars 1987
Classement total de l’église
Classement total de l’église 13 mars 1987 (≈ 1987)
Protection intégrale comme monument historique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame (cad. AB 146) : classement par arrêté du 13 mars 1987
Personnages clés
Louis Pihan - Chanoine et historien local
A décrit les vitraux et l’histoire de l’église.
Dominique Vermand - Historien de l’art
A analysé les campagnes de construction.
François Ier - Roi de France (r. 1515–1547)
Symbolisé par des salamandres sur la façade.
Eugène Müller - Auteur du XIXe siècle
A étudié l’architecture et le mobilier.
Origine et histoire
L’église Notre-Dame d’Ève, située dans le village d’Ève (Oise, Hauts-de-France), est un édifice composite dont les origines remontent au XIIe siècle, avec la construction d’un clocher roman. Ce dernier, partiellement conservé, témoigne d’une architecture sobre, caractérisée par des baies en plein cintre et des chapiteaux à feuilles plates. Au XIIIe siècle, l’église est agrandie avec l’ajout d’un chœur gothique de deux travées, accompagné d’un bas-côté nord. Ce chœur, d’une qualité architecturale remarquable, intègre des voûtes à ogives et des chapiteaux sculptés de crochets, reflétant les courants novateurs de l’époque.
La Guerre de Cent Ans marque un tournant : la nef romane, située à l’ouest du clocher, est détruite. Au XVIe siècle, une reconstruction ambitieuse transforme l’ancien chœur gothique en nef et prolonge l’édifice vers l’est, ajoutant une abside à cinq pans et un bas-côté sud. La façade occidentale, dissymétrique et richement décorée, intègre le clocher roman dans un ensemble flamboyant, orné de pinacles, d’animaux fantastiques et d’un réseau de fenêtres à accolades. La flèche octogonale, culminant à 44 mètres, est érigée vers 1540, tandis que les vitraux du chevet, datés de la même période, illustrent des scènes de la dormition et de l’Assomption de la Vierge.
L’église subit des modifications majeures au XIXe siècle, notamment la restauration des vitraux en 1873 et la consolidation du clocher en 1881, après des dégâts liés à son inclinaison. Classée partiellement dès 1862 (clocher et vitraux), elle est entièrement protégée en 1987 comme monument historique. Aujourd’hui affiliée à la paroisse Notre-Dame de la Visitation du Haudouin, elle accueille des célébrations ponctuelles. Son mobilier inclut des dalles funéraires des XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi qu’une verrière Renaissance exceptionnelle, classée et restaurée à plusieurs reprises.
L’architecture intérieure révèle une superfposition de styles : la base du clocher, remaniée, conserve des traces romanes, tandis que la nef et les bas-côtés mêlent des éléments gothiques (ogives, chapiteaux) et flamboyants (voûtes à liernes, piliers ondulés). L’abside, sobre et lumineuse, abrite des fenêtres au remplage Renaissance, conçues pour mettre en valeur les vitraux. À l’extérieur, la façade, considérée comme l’une des plus riches du diocèse de Senlis, contraste avec les élévations latérales plus austères, en moellons non enduits.
Le mobilier classé comprend huit dalles funéraires, dont trois visibles, datant des XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que la verrière d’axe du chevet, attribuée à l’école de Fontainebleau. Ces éléments, associés à des statues comme une Mater Dolorosa ou un Saint Sébastien, soulignent le rôle religieux et mémoriel de l’édifice. L’église, propriété communale, reste un témoignage majeur de l’évolution architecturale et artistique en Picardie, des débuts de l’art gothique à la Renaissance.
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