Frise chronologique
1866
Construction de la Roseraie
Construction de la Roseraie
1866 (≈ 1866)
Bénoni Vagniez-Fiquet érige une gendarmerie concédée.
1906
Aménagement du parc
Aménagement du parc
1906 (≈ 1906)
Création du bassin, grotte et labyrinthe pour Jeanne Vagniez.
1940
Poste de commandement français
Poste de commandement français
1940 (≈ 1940)
Commandant Junin dirige des tirs contre les Allemands.
1942-1944
Occupation allemande
Occupation allemande
1942-1944 (≈ 1943)
Démontage de la tourelle d’observation.
5 mars 2020
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
5 mars 2020 (≈ 2020)
Inscription du parc et des bâtiments.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Inscrit MH
Personnages clés
| Bénoni Vagniez-Fiquet - Fondateur et commanditaire |
Marchand amiénois, constructeur en 1866. |
| Jeanne Vagniez-Renon - Propriétaire et mécène |
Fille de Bénoni, aménage le parc vers 1906. |
| André Bouctot - Dernier propriétaire historique |
Héritier, occupe la Roseraie de 1936 à 1972. |
| Commandant Junin - Militaire français |
Dirigea les tirs depuis la tour en 1940. |
| Pierre Lecomte et Béatrice Lecomte-Vagniez - Restaurateurs (1975) |
Sauvent la Roseraie de la ruine. |
Origine et histoire
La Roseraie fut édifiée en 1866 par Bénoni Vagniez-Fiquet, marchand de textiles amiénois, comme gendarmerie concédée à l’État. Le bâtiment, doté d’une tour d’observation, d’écuries et de prisons, servit de caserne jusqu’à la Première Guerre mondiale. Son parc, aménagé vers 1906 pour Jeanne Vagniez-Renon, comprenait un bassin, une grotte, un labyrinthe et un kiosque, reflétant le faste de cette famille bourgeoise.
En 1930, André Bouctot, héritier par alliance, rachète la propriété et s’y installe en 1936. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Roseraie abrite brièvement un poste de commandement français en 1940, puis est occupée par les Allemands jusqu’en 1944. Ces derniers démantèlent la tourelle d’observation, symbole de la résistance locale. Après la guerre, André Bouctot, accablé par la mort de son épouse, laisse le domaine à l’abandon jusqu’à sa mort en 1972.
Acquise en 1975 par Pierre Lecomte et Béatrice Lecomte-Vagniez, descendants directs de Bénoni Vagniez-Fiquet, la Roseraie est restaurée après des décennies de dégradation. Le parc, redevenu une jungle, et la maison, vidée de son mobilier, retrouvent leur éclat d’antan. Aujourd’hui, le domaine appartient toujours à la famille, six générations après sa construction, et son parc est classé Monument Historique depuis 2020 pour son patrimoine paysager et architectural.
Le site témoigne aussi d’un épisode militaire marquant : en 1940, le commandant Junin y dirigea des tirs d’artillerie depuis la tour, neutralisant une vingtaine de chars allemands avant le repli français. Cette action valoir à la tourelle d’être démontée par les occupants, effaçant un élément clé de l’histoire défensive du lieu.
Architecturalement, la Roseraie allie utilitarisme militaire (prisons, écuries) et esthétisme bourgeois (parc à l’anglaise, éléments décoratifs). Son évolution reflète les mutations sociales du XIXe au XXe siècle, passant de bâtiment public à résidence privée, puis à symbole de mémoire locale.