Origine et histoire du Château de Val
Le château de Val est un château fort des XVe et XIVe siècles, bâti sur des fondations du XIIIe siècle et partiellement protégé au titre des monuments historiques. Il se situe sur la commune de Lanobre, dans le Cantal ; autrefois il dominait la vallée mais l'eau du lac artificiel arrive aujourd'hui au pied de ses murailles et son parc a été submergé. Le fief d'Enval, devenu de Val, appartint d'abord aux familles de Thynières puis à Pierre de Pierrefort. Guillaume IV d'Estaing, né en 1397 et fils de Jean d'Estaing et d'Elise de Pierrefort, fut chambellan du roi Charles VII, gouverneur et sénéchal du Rouergue, puis bailli de Nîmes ; il acheta Val et fit construire l'édifice actuel. La famille d'Estaing conserva et habita le château jusqu'à Guillaume V d'Estaing, dit Guillot, né en 1529 ; plusieurs familles s'y succédèrent ensuite, jusqu'à la famille d'Arcy. En 1946 la famille d'Arcy fut expropriée en vue de l'inondation de la vallée pour le barrage de Bort-les-Orgues et emporta le mobilier, puis la hauteur prévue de l'engloutissement fut revue à la baisse et le château ne fut finalement pas noyé. Laissé sans surveillance, il fut pillé en 1949 ; en 1951 le syndicat d'initiative de Bort-les-Orgues y installa un gardien, et, à l'instigation de son président Maurice Georges, EDF revendit le château en 1953 pour un franc symbolique à la ville de Bort-les-Orgues, bien qu'il se trouve sur la rive auvergnate ; le syndicat d'initiative prit ensuite en charge la rénovation et la gestion du site, tandis qu'EDF finança la construction d'une jetée pour permettre l'accès lors des eaux hautes. Le château est aujourd'hui un lieu touristique visitable et accueille chaque été une exposition de peinture contemporaine : les artistes ont pour habitude de croquer le site et une vaste collection s'est constituée, comportant notamment des œuvres de Bernard Buffet, Franz Priking, Jean Commère, Eugène Baboulène, Frédéric Menguy et Gabriel Dauchot. Architectoniquement, l'édifice a été bâti aux XIVe et début XVe siècles sur des fondations du XIIIe siècle, elles-mêmes établies sur la base d'un donjon du XIe siècle ; il se présente comme un haut corps de logis rectangulaire flanqué d'environ six tourelles d'angle, couronnées de mâchicoulis et coiffées en poivrière. La tour d'angle des communs, enrichie aux XVe et XVIIIe siècles, est un vestige de l'enceinte du XIIIe siècle ; la chapelle Saint-Blaise, les communs et la fontaine datent de la fin du XVe siècle. Au titre des monuments historiques, le château est classé par arrêté du 23 septembre 1946, la chapelle Saint-Blaise par arrêté du 7 septembre 1961, et les façades et toitures des communs, la fontaine ainsi que le sol de la parcelle les abritant sont inscrits par arrêté du 10 septembre 1990. Le site a enregistré 28 167 entrées payantes en 2017, soit une augmentation de 9,32 % par rapport à l'année précédente. Sur le plan audiovisuel, des scènes de plusieurs films et séries y ont été tournées : en 1960 une scène du Capitan d'André Hunebelle (nommé pour le film château de Clairefont), en 1970 Morgane et ses nymphes de Bruno Gantillon, en 1973 une scène de la série Karatekas and C° (Le club de l'eau plate) avec Jean Marais, et en 1984 des scènes de Frankenstein 90 d'Alain Jessua. En mars 2023 le château a servi de lieu de tournage pour la deuxième saison de l'émission Les Traîtres diffusée sur M6, qui a réuni plusieurs personnalités telles que Nathalie Marquay-Pernaut, Charlotte de Turckheim, Natasha St-Pier, Jean Lassalle, Tibo InShape et Juju Fitcats ; le tournage a également eu lieu dans d'autres lieux alentours, comme la chapelle des Manents à Confolent-Port-Dieu.