Origine et histoire du restaurant
Le Train bleu, initialement nommé « Buffet de la Gare de Lyon », fut conçu par l'architecte Marius Toudoire pour l'Exposition universelle de 1900. Inauguré le 7 avril 1901 par le président Émile Loubet, il était exploité par la Compagnie du chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM). Ce lieu emblématique, situé au 1er étage de la gare Paris-Gare de Lyon, symbolisait le luxe et l'innovation de l'époque, avec des cuisines dans les combles et des monte-charges électriques.
Le restaurant fut rebaptisé « Le Train bleu » en 1963 par Albert Chazal, en hommage au mythique train express Paris-Vintimille de 1868. Sauvé de la démolition en 1966 par André Malraux, il fut partiellement classé aux monuments historiques en 1972. Ses salles, décorées de 41 peintures murales réalisées par des artistes renommés comme François Flameng ou Henri Gervex, illustrent les destinations desservies par la PLM et les événements marquants de 1900.
Les intérieurs du Train bleu, de style néo-baroque, sont chargés de dorures, sculptures, et mobiliers d'apparat, reflétant l'opulence de la Belle Époque. Parmi ses habitués figurent des personnalités comme Coco Chanel, Jean Cocteau, ou Salvador Dalí. Le restaurant, rénové en 2014, conserve ses décors d'origine, bien qu'une partie du mobilier non protégé ait été remplacée. Depuis 2018, la Maison Rostang y propose une cuisine gastronomique inspirée des produits régionaux de la ligne PLM.
Le Train bleu a également marqué la culture populaire, servant de décor à des films comme Nikita (1990) de Luc Besson ou Micmacs à tire-larigot (2009) de Jean-Pierre Jeunet. Il apparaît aussi dans des documentaires, comme Le Train Bleu, buffet des rois (2012), et reste l'un des lieux les mieux conservés du Paris des années 1900. Malgré des critiques mitigées sur sa cuisine, il conserve un prestige lié à son histoire et son architecture exceptionnelle.
Les chefs qui ont marqué son histoire incluent Jean Thauvin (1963-1992), Michel Comby (1992-2000), et Samir Balia (depuis 2019), collaborant avec Michel Rostang. Le restaurant, avec ses 250 couverts, propose des plats traditionnels comme le gigot d'agneau ou le steak tartare, dans un cadre où se mêlent art, histoire et gastronomie.