Frise chronologique
vers 1050
Création de la vicomté
Création de la vicomté
vers 1050 (≈ 1050)
Bruniquel devient une vicomté dépendante de Toulouse.
1176
Conquête par Toulouse
Conquête par Toulouse
1176 (≈ 1176)
Les comtes de Toulouse s’emparent du castrum.
1224
Don à Bertrand de Toulouse
Don à Bertrand de Toulouse
1224 (≈ 1224)
Raymond VII cède Bruniquel à son frère.
1485-1510
Construction du château jeune
Construction du château jeune
1485-1510 (≈ 1498)
Maffre de Comminges érige son propre château.
1780
Unification des châteaux
Unification des châteaux
1780 (≈ 1780)
Rachat du château jeune par Louis Rigal d’Ouvrier.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Protection des deux châteaux par l’État.
1987
Acquisition par la commune
Acquisition par la commune
1987 (≈ 1987)
La municipalité achète les châteaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château (ruines) : classement par liste de 1840 ; Les ouvrages F, G, H et I ainsi que les courtines E2 et E3 constituant les fortifications avancées des châteaux de Bruniquel, tel que délimité en bleu sur le plan annexé à l'arrêté, situés rue du Château, sur les parcelles figurant au cadastre section G n° 1, 5 et 131 : inscription par arrêté du 25 février 2025
Personnages clés
| Brunehaut - Reine mérovingienne (légende) |
Associée à la fondation mythique du premier château. |
| Raymond VII - Comte de Toulouse |
Cède Bruniquel à son frère Bertrand en 1224. |
| Maffre de Comminges-Couserans - Vicomte de Bruniquel |
Construisit le « château jeune » (1485-1510). |
| Louis Rigal d’Ouvrier - Vicomte de Bruniquel |
Unifie les châteaux en 1780. |
| Madame de Bellefon - Dernière vicomtesse propriétaire |
Décède en 1980, marquant la fin de l’ère privée. |
Origine et histoire
Les châteaux de Bruniquel, situés dans le Tarn-et-Garonne en Occitanie, sont deux édifices fortifiés construits sur un piton rocheux dominant l’Aveyron. Leur origine remonte au moins au XIIe siècle, avec un premier château (« château vieux ») érigé sur les vestiges d’un castrum romain, peut-être lié à la légende de la reine mérovingienne Brunehaut. Ce site stratégique contrôlait la route entre le Quercy et l’Albigeois, devenant une vicomté vers 1050 sous l’autorité des vicomtes de Toulouse.
Au XIIIe siècle, après la disparition de la lignée des vicomtes de Bruniquel (vers 1175), le comte de Toulouse Raymond VII cède le domaine à son frère Bertrand. Le « château vieux », remanié à cette époque, conserve un donjon carré du XIIe siècle et des logis du XIIIe. Un conflit familial au XVe siècle oppose deux branches de la famille de Comminges : Antoine-Roger de Comminges vend sa part à son cousin Maffre, qui érige entre 1485 et 1510 le « château jeune », de style Renaissance. Les deux branches, l’une catholique, l’autre protestante, se disputent le site pendant trois siècles, laissant des traces de violences (incendies, attaques) dans les murs.
Le « château vieux », habité jusqu’en 1980 par les descendants des comtes de Toulouse (famille d’Ouvrier de Bruniquel), est classé Monument Historique dès 1840. Le « château jeune », acquis par la municipalité en 1987, révèle des éléments rares comme une cuisine du XVIIe siècle avec un potager à neuf trous ou une galerie Renaissance surplombant la rivière. Les deux châteaux, symboles des querelles féodales et religieuses, abritent aussi des vestiges préhistoriques découverts dans les grottes voisines, exposés sur place.
Au XIXe siècle, le vicomte Louis Rigal d’Ouvrier unifie les deux châteaux en rachetant le « château jeune » en 1780, mais les tensions passées ont marqué l’architecture : le « château vieux » porte les stigmates des guerres de Religion, tandis que le « château jeune » conserve des aménagements baroques (porte sculptée de 1683). Le site, utilisé comme décor pour le film Le Vieux Fusil (1975), accueille aujourd’hui des visites et le Festival des châteaux de Bruniquel.
Les fortifications avancées et les abris sous roche préhistoriques (comme l’abri Montastruc) ont été protégés par des classements complémentaires en 1996 et 2025. Les châteaux, témoins de l’histoire médiévale, Renaissance et moderne de l’Occitanie, mêlent ainsi patrimoine architectural, légendes (Brunehaut) et mémoire des conflits religieux.