Origine et histoire des Châteaux
Les châteaux de Bruniquel sont deux édifices castraux situés sur la commune de Bruniquel, dans le Tarn‑et‑Garonne, en région Occitanie. L'ensemble se dresse sur une haute falaise dominant l'Aveyron de 90 mètres, au confluent de la Vère, à proximité du département du Tarn et à dix kilomètres de Nègrepelisse. Du château primitif subsistent des fondations, des vestiges de murailles et le donjon appelé tour de Brunehaut ; l'édifice actuel a été remanié à différentes époques. La tradition attribue la fondation du premier château à la reine Brunehaut au VIe siècle, légende peut‑être liée au toponyme Brunichildum mentionné dans une charte de 1083. Au Xe siècle, Bruniquel dépendait de l'abbaye Saint‑Géraud d'Aurillac. À l'origine, le château contrôlait la route de la vallée reliant le Quercy à l'Albigeois ; un village prospère se développa le long de la pente opposée à la rivière. Bruniquel devint une vicomté vers 1050 et ses seigneurs tiraient leur origine des vicomtes de Toulouse, branche qui s'éteignit vers 1175. En 1176 le castrum fut conquis par les comtes de Toulouse et, en 1224, le comte Raymond VII remit Bruniquel à son frère Bertrand. Sur les ruines du premier château fut édifié, au XIIIe siècle, le « château vieux », alors propriété des comtes de Toulouse et résidence des vicomtes de Bruniquel. Un second château, dit « château jeune », fut élevé sur la falaise à la fin du XVe siècle par Maffre de Comminges‑Couserans ; sa construction s'étendit de 1485 à 1510. Pendant trois siècles les deux branches rivales se partagèrent la seigneurie : les occupants du château vieux étaient catholiques et ceux du château jeune protestants, ce qui provoqua des affrontements dont le château vieux porte encore les traces, notamment dans la salle des chevaliers. La réunion des deux parties s'opéra à la fin du XVIIIe siècle lorsque, en 1780, le vicomte du château vieux racheta le château jeune. Les Bruniquel furent transmis par diverses successions et alliances familiales jusqu'au XVIIIe siècle ; Joseph‑Accurse‑Louis‑Rigal d'Ouvrier devint le vicomte unique à la fin du XVIIIe siècle et la lignée se poursuivit jusqu'en 1818. Classés au titre des monuments historiques dès 1840, les châteaux subirent ensuite des transformations : des ouvertures furent murées à l'époque en raison d'un impôt, et l'usage de l'ensemble évolua jusqu'à la fin du XXe siècle. Le château vieux fut habité en permanence puis comme résidence secondaire jusqu'en 1980 ; la municipalité acquit les châteaux en 1987 pour 660 000 francs. Depuis cette acquisition, les restaurations ont principalement concerné le château jeune, tandis que le château vieux a reçu peu d'interventions de restauration. Le château vieux conserve un donjon carré daté du XIIe siècle, des logis et un niveau voûté attribués aux XIIe–XIIIe siècles, des remparts et un corps de logis du XIIIe siècle ; depuis le partage de 1484 deux bâtiments coexistent dans la même enceinte. Il présente une galerie Renaissance à six arcades dominant l'Aveyron, ainsi que d'importants remaniements liés à incendies pendant les guerres de Religion et aux XVIIIe et XIXe siècles. Le château jeune, construit entre 1484 et 1510, a fait l'objet d'aménagements de style baroque, d'ouvertures de fenêtres aux XVIIe et XVIIIe siècles et de l'adjonction d'une porte sculptée en 1683 à l'entrée de son escalier. Parmi les particularités figurent un donjon du XIIe siècle, une cuisine du XVIIe siècle équipée d'un rare potager à neuf trous, une salle d'apparat rénovée au XVIIe siècle, une chapelle transformée en cuisine et la galerie surplombant la rivière ; une cheminée a été transférée au XIXe siècle au château de Lastour à Réalville. Le site archéologique des quatre abris sous roche — Montastruc, Gandil, Lafaye et Plantade — a été inscrit aux monuments historiques par arrêté du 20 mars 1996. Les fortifications avancées des châteaux ont été inscrites par arrêté du 25 février 2025. Les châteaux sont ouverts au public du début mars à la mi‑novembre et, hors saison, les dimanches et jours fériés. Le château jeune abrite une salle consacrée à la préhistoire qui présente les « trésors de Bruniquel » découverts dans plusieurs grottes proches du site. Les châteaux ont servi de décor au film Le Vieux Fusil de Robert Enrico (1975) ; le puits central visible dans le film a été réalisé artificiellement pour le tournage. Le château vieux fut la résidence de Guillaume de Tudèle, auteur de la Chanson de la croisade albigeoise. Chaque année, le site accueille le Festival des châteaux de Bruniquel. Les châteaux offrent de multiples points de vue et éléments architecturaux remarquables, notamment la tour Brunehaut, une tour munie d'un mâchicoulis, la porte de 1683 et la salle d'apparat du château jeune qui a bénéficié d'une restauration récente.